Le PDCI lance Bombet

Le plus gros parti de Côte d’Ivoire a désigné Emile Constant Bombet pour la course aux présidentielles.

Ce fut dur. Mais c’est fait : le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) réuni en convention ce week-end à Yamassoukro s’est choisi un candidat pour l’élection présidentielle du 17 septembre : Emile Constant Bombet. Avec 36% des suffrages, l’ancien ministre de l’Intérieur du président Bédié a devancé ce dernier de 12% à l’issue du vote à bulletins secrets des délégués du parti.

Ce mode de désignation a permis, au moins pour un temps, d’éloigner le spectre de l’éclatement qui planait sur le PDCI depuis le coup d’Etat de décembre 1999. Il est vrai que le 17 août encore, date de clôture des candidatures, le PDCI ne s’était toujours pas entendu sur un nom parmi les huit autres candidats à l’investiture.

Ni Bédié, ni Gueï : Bombet

Après l’échec du chef de la junte au pouvoir, le général Gueï, dans sa tentative de cornaquer le PDCI pour la prochaine présidentielle, l’ancien président Konan Bédié a lui aussi jeté l’éponge. L’homme est trop contesté dans son propre camp et nombre de cadres du PDCI se sont félicités de sa chute. Mais de là à investir un général putschiste, de plus en plus impopulaire, et dont la prise du pouvoir s’est faite au dépend de beaucoup d’apparatchiks il y a un pas que le parti s’est refusé à franchir.

Le PDCI a donc tranché en faveur d’un candidat issu de l’appareil et fort d’une réputation d’incorruptible. Lors de l’opération  » mains propres  » menée par la junte contre les anciens décideurs du pays, les enquêteurs sont tombés sur un dossier vide.

Natif de l’Ouest, comme deux de ses principaux adversaires, Gueï et Gbagbo (Front populaire ivoirien – FPI), Bombet devra s’attacher à conquérir l’électorat du Centre et du Sud et limiter les dégâts dans le Nord, région d’Alassane Ouattara dont les populations craignent de plus en plus d’être exclues de la société ivoirienne au nom d’une fumeuse  » ivoirité « .

Il faudra attendre l’annonce officielle des candidatures, le 2 septembre, pour mesurer vraiment si les électeurs sont aussi sensibles à l’équation ethnique et régionale que leurs dirigeants. Dans ce pays longtemps symbole du melting pot à l’Africaine, rien n’est moins sûr.