Le Parlement ivoirien maintenu en fonction avec tous ses pouvoirs

L’Assemblée nationale ivoirienne est maintenue en Côte d’Ivoire. Le Président Laurent Gbagbo, en concertation avec son Premier ministre, Charles Konan Banny, a tranché. L’annonce a été faite vendredi à la télévision nationale.

Le Président ivoirien, Laurent Gbagbo, a décidé vendredi de maintenir en fonction l’Assemblée nationale, dont le mandat a expiré officiellement le 16 décembre 2005, a appris samedi la PANA auprès de la présidence de la République.

Le porte-parole de la présidence de la République, Désiré Tagro qui en a fait l’annonce vendredi soir à la télévision nationale, a estimé que la question de la prorogation du mandat parlementaire est une solution politique, telle que souhaitée par la communauté internationale.

« Le Président Laurent Gbagbo prend acte de ce que l’Assemblée nationale demeure en fonction avec tous ses pouvoirs », a déclaré Désiré Tagro, avant de préciser que cette décision est conforme aux conclusions des discussions entre le Président et son Premier ministre Charles Konan Banny.

Un choix souverain

En effet, suite à la dernière visite du président en exercice de l’Union africaine, le Nigérian Olusegun Obasanjo, appelé en « pompier » le 18 janvier 2006 pour éteindre « le feu », il avait été demandé au Président ivoirien en concertation avec le Premier ministre de trouver une solution politique à cette question, dans la mesure où le GTI « n’a pas pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale ».

A travers des manifestations de rue qui ont duré quatre jours (du 16 au 19 janvier 2006), les Jeunes Patriotes ont protesté contre une décision du Groupe de travail international (GTI) qui avait estimé que « le mandat parlementaire n’avait pas à être prorogé ».

« Dès le départ du Président nigérian, le Président Laurent Gbagbo et le Premier ministre Charles Konan Banny ont entamé les discussions au cours desquelles le Premier ministre a indiqué que la question des pouvoirs de l’Assemblée ne relevait pas de sa compétence, mais de celle exclusive du chef de l’Etat ivoirien », a souligné le porte-parole de la présidence.

Selon M. Tagro, « M. Banny a exprimé la nécessité de voir la Constitution ivoirienne respectée, la résolution 1633 du Conseil de sécurité de l’ONU ainsi que les différents accords de paix inter-ivoiriens appliqués ». Le maintien des pouvoirs des députés se réfère à « l’avis en ce sens du Conseil constitutionnel ivoirien » donné le 15 décembre 2005. Par conséquent, la présidence autorise les députés à siéger aussitôt après les vacances parlementaires en cours ou « s’ils sont convoqués en session extraordinaire ».