Le Nord s’exprime encore peu sur la crise zimbabwéenne

Seuls les Etats-Unis et, bien sûr, la Grande-Bretagne tentent d’intervenir diplomatiquement. Mais les investisseurs détournent déjà les yeux…

Le  » gendarme du monde  » s’était fait attendre. Lundi soir, il s’est ébroué :  » La démocratie « , a déclaré le département d’Etat américain dans un communiqué repris par l’AFP,  » ne peut se développer que dans un climat de tolérance politique. Aussi, nous sommes extrêmement troublés par le fait que le gouvernement du Zimbabwe n’a toujours pas pris ses responsabilités pour que la loi s’applique à tous les Zimbabwéens. « 

Cette déclaration a constitué le premier signe pouvant laisser augurer d’une ingérence de l’Occident dans le processus de dégradation de la situation politique à Harare. La préoccupation grandissante des pays du Nord s’était exprimée jusqu’à présent de façon passive, à travers leurs retraits successifs du financement de la réforme agraire ; seule la Grande-Bretagne avait envoyé de clairs avertissements à Mugabe. Il est vrai que de très nombreux membres de la communauté des fermiers blancs d’origine européenne disposent de la double nationalité zimbabwéenne et britannique.

Les investisseurs ne s’investissent plus

Une délégation gouvernementale du Zimbabwe est actuellement à Londres afin de participer à des pourparlers sur la situation du pays. En fin d’après-midi aujourd’hui, le ministre des Affaires étrangères Robin Cook lui a fait savoir qu’aucune négociation sur la reprise des aides à la réforme agraire ne pourrait avoir lieu avant la fin des occupations de fermes. Si les pressions internationales devaient s’accentuer – incluant notamment un appel à l’ONU -, la Grande-Bretagne y jouerait certainement un rôle moteur.

Demain commence, à Berlin, une conférence destinée à encourager les investissements privés directs dans les quatorze pays d’Afrique australe. Une délégation d’Harare y prendra part. Mais cela fait déjà bien des jours que les experts des organisations patronales allemandes recommandent à leurs membres d’éviter le Zimbabwe. Peut-être, au moins, la réunion permettra-t-elle au pouvoir zimbabwéen de mesurer son isolement ?