Le Nigeria veut renégocier ses contrats pétroliers

Le Nigeria souhaite renégocier les contrats pétroliers signés avec les multinationales afin de tenir compte de l’augmentation du prix du baril sur le marché international, a révélé, mardi à la PANA, Jean-Jacques Mosconi, directeur Stratégie de Total.

« La demande a été clairement exprimée. Il s’agit de contrats de partage de production qui avaient été signés avec un baril entre 30 et 50 dollars », a-t-il dit, jugeant légitime la demande de réexamen des autorités nigérianes.

« Nous sommes aujourd’hui et sans doute pour très longtemps, avec un baril à plus 80 dollars. Il est donc normal que des pays comme le Nigeria demandent la révision du contrat de partage. Cette demande n’est pas spécifique aux pays africains », a souligné le directeur Stratégie du groupe pétrolier français.

Le Nigeria est le premier producteur de pétrole brut d’Afrique au Sud du Sahara avec près de 2 millions de barils/jour extraits par les plus grandes multinationales du secteur, dont Exxon/Mobile, Shell, Chevron et Total.

« Nous produisons, à nous seuls, près de 260.000 barils/jour au Nigeria. Ce niveau de production est du reste appelé à augmenter dans les prochaines années », a assuré M. Mosconi, qui a annoncé la mise en service de trois nouveaux champs dans les prochaines années.

« Nous avons un certain nombre de grands projets offshore au Nigeria. Ils vont se concrétiser par le démarrage en 2010 du champ d’Ofon avec une production de 100.000 barils/jour. A court terme, nous allons démarrer, en 2009, la production du puits pétrolier d’Akop pour une production de 200.000 barils/jour », a détaillé le directeur Stratégie de Total.

Il a, par ailleurs, indiqué que le groupe pétrolier français démarrera en 2011 « Usan », son troisième nouveau champ pétrolier au Nigeria pour une production de 180.000 barils/j.

« Nous serons opérateur avec 20% sur ce champ contre 24% sur le champ d’Akpo. D’autres perspectives de développement du secteur pétrolier existent au Nigeria, notamment sur le pôle d’Egina », a expliqué M. Mosconi.

« Pour moi, le Nigeria restera pour longtemps encore la première puissance pétrolière en Afrique. Ce qui lui ouvre de bonnes perspectives de développement avec un baril de pétrole à près de 100 dollars. On vivra durablement avec cette tendance à la hausse », a-t-il encore martelé.