Le Nigeria s’attaque au cyber-crime

Arnaque internationale sur la Toile. Des Nigérians peu scrupuleux vous proposent par e-mail de faire fortune en ouvrant un compte dans leur pays ou en investissant dans un formidable gisement pétrolier. Une première dans l’univers du Web : le gouvernement d’Abuja réagit et ouvre un site pour stopper ces mauvais plaisants.

Nigerianfraudwatch.com (le site ne fonctionne plus) est une petite révolution dans l’univers du Web. Pour la première fois, un gouvernement réagit au cyber-crime en utilisant les outils du Net. Face à la recrudescence des arnaques nigérianes sur la Toile, Abuja vient d’ouvrir un site pour éclairer l’internaute sur les différents plans imaginés par ses ressortissants pour le piéger. Un site bien fait, intelligent et courageux.

L’arnaque passée au crible

Interface claire, professionnelle et amusante. Point de départ : de quelles arnaques parlons-nous ? Vous avez peut-être reçu dans votre boîte mail un message de Nigérians vous expliquant qu’ils jouissaient d’une immense fortune sur un compte bancaire du pays. Malheureusement, sans votre aide, ils ne peuvent accéder à l’argent. L’arnaque la plus classique se met en place si vous répondez à ce mail. Très vite, on vous demande de verser un acompte à une banque nigériane. On vous invite même à venir sur place. Le comité d’accueil risque de vous étonner. On vous attend à l’aéroport pour vous voler vos papiers et il faudra payer une rançon pour quitter le pays. Ne riez pas, de crédules internautes se sont déjà fait avoir.

Toutes les arnaques sont passées en revue sur le site gouvernemental. La veuve d’un dictateur nigérian qui ne peut accéder aux comptes mirobolants de son mari. Le frère d’un riche businessman mort récemment dans un accident d’avion, qui, lui non plus, ne peut sans votre aide toucher l’héritage. Les jeunes propriétaires d’un puits de pétrole qu’il faudrait exploiter…

Même les faux papiers utilisés par les criminels pour vous tromper sont consultables en ligne.

Un inédit dans l’univers du web

La meilleure défense est encore le mépris : on vous conseille simplement de ne pas répondre à ces mails fantaisistes et de les signaler. Enfin, une hot-line est mise en place pour les victimes. Si vous êtes déjà la victime de cyber-arnaqueurs, n’hésitez pas à envoyer un mail au gouvernement. Il pourra peut-être remonter la filière et saura vous conseiller.

Les professionnels de l’Internet saluent cette initiative courageuse et novatrice du Nigeria. Tom Geller, fondateur de la Spamco Foundation de san Francisco, une fondation dont le but est de mettre fin à ce type de nuisances sur le web, déclarait récemment que les Nigérians méritaient tout son respect pour avoir fait face publiquement au problème.

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