Le Nigeria frappé par la grippe aviaire

Le Nigeria a annoncé, ce mercredi, qu’un foyer de grippe aviaire avait été détecté chez les volailles d’une ferme du Nord du pays. Les autorités ont pris plusieurs mesures sanitaires pour éviter une propagation du virus, repéré pour la première fois sur le Continent africain. L’Organisation mondiale de la santé animale et le Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui offrent une assistance logistique, ont qualifié la souche de « hautement pathogène ».

« Le 16 janvier nous avions recueilli quelques échantillons. Les premiers résultats nous avaient laissé penser qu’il s’agissait de choléra. Les symptômes étaient néanmoins proches de ceux générés par la grippe aviaire. (…) Nous avons poursuivi les examens tandis que le taux de mortalité de la ferme continuait de monter. (…) Nous avons alors décidé d’envoyer les échantillons en Italie où il a été confirmé qu’il s’agissait bien de grippe aviaire ». C’est en ces termes que le ministre de l’Agriculture nigérian Adamu Bello a annoncé, ce mercredi, que le virus H5N1 était présent au Nigeria, chez les volailles de la ferme Sambawa à Jaji (Etat de Kaduna, Nord). Une première au Nigeria, mais aussi en Afrique.

Un laboratoire de référence de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et le Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), basé à Padoue (Italie), a identifié la souche du virus. Elle présente les mêmes caractéristiques génétiques que celle découverte en Turquie, qui elle-même s’apparente à la souche du lac chinois de Qing Hai, foyer d’origine de la maladie. Surtout, le laboratoire explique que la souche est « hautement pathogène ».

Le Nigeria prend des mesures sanitaires

Les autorités nigérianes estiment que le virus est arrivé sur le territoire via les importations illégales de volailles. Pour éviter une propagation du virus, elles ont tué les oiseaux, désinfecté l’élevage et l’ont mis en quarantaine. Elles surveillent par ailleurs les mouvements animaliers dans la région. Un budget dont l’enveloppe tourne de 13 à 15,5 millions de dollars a été débloqué pour indemniser les éleveurs dont les bêtes ont été tuées. De leur côté, l’OMSA et la FAO ont indiqué avoir pris « une action immédiate » et « commune ». « Une équipe d’experts va être envoyée sur le secteur affecté pour évaluer la situation et fournir des conseils techniques aux autorités nationales », expliquent-ils. Ils devraient aussi fournir une assistance financière d’urgence.

Les experts craignent que le virus ne se développe en Afrique, continent est potentiellement fertile à son développement. Les oiseaux migrateurs se nichent au Lac Tchad et à la Vallée du Rift pendant l’hiver qui glace les pays du Nord. Et la promiscuité entre les volailles et leurs éleveurs est un paramètre pouvant favoriser la contamination de l’homme par l’animal.