Le Nigeria accuse des avocats londoniens de garder des fonds pillés

Le gouvernement fédéral du Nigeria a accusé des avocats britanniques de s’approprier les fonds récupérés sur deux anciens gouverneurs d’Etat nigérians.

Dans une déclaration largement commentée par la presse, le ministre de la Justice et Attorney general, Michael Aondoaaka a indiqué que le cabinet d’avocats basé à Londres, Candell Freeman, engagé par le gouvernement pour l’aider à récupérer ces fonds, n’a pas remis en entier les sommes saisies sur Joshua Dariye, un ex-gouverneur de l’Etat de Plateau (centre du Nigeria).

Il a ajouté que les 985.567 livres sterlings prétendument récupérés sur les comptes de Diepreye Alamieyeseigha, l’ex-gouverneur de l’Etat pétrolifère de Bayelsa, n’ont pas encore été rapatriés.

Le ministre a accusé le cabinet d’avocats d’avoir illégalement prélevé des sommes énormes sur ces fonds au titre de ses honoraires sans l’autorisation du gouvernement fédéral. Par exemple, il a expliqué que le cabinet a déduit 614.067 livres pour ses honoraires d’une somme totale de 1.674.634 livres récupérée auprès de M. Alamieyeseighan sans l’approbation du gouvernement nigérian.

M. Aondoaaka a fait cette déclaration en remettant 300.000 livres au gouvernement de l’Etat du Plateau, ce qui représente la somme rendue jusqu’ici au Nigeria par la Police britannique.

Il a révélé que le total de la somme due à l’Etat du Plateau était de 904.961 livres, après que les avocats aient affirmé avoir dépensé 309.439 livres sur l’affaire, en ajoutant: « La question qui se pose est pourquoi cet argent reste-t-il entre les mains des avocats britanniques »?

« Nous allons enquêter sur toute cette affaire…Je me rendrai à Londres avec l’Attorney general de Plateau pour demander quelle autorisation ils ont reçu avant de déduire cette somme », a-t-il ajouté.

Les deux ex-gouverneurs ont été arrêté à Londres pour blanchiment d’argent alors qu’ils étaient toujours en fonction, mais après leur libération sous caution et leur retour au Nigeria, ils n’ont pas pu immédiatement être jugés en raison de l’immunité constitutionnelle dont ils jouissaient.

Depuis la levée de cette immunité, un tribunal nigérian a condamné et emprisonné M. Alamieyeseigha pour blanchiment d’argent, tandis que M. Dariye fait toujours l’objet de poursuites judiciaires.