Le Niger tient sa nouvelle Constitution

La Commission nationale électorale indépendante (Ceni) a publié mardi soir les résultats provisoires nationaux de la consultation référendaire du 31 octobre. Le oui l’emporterait largement.

Quelque peu éclipsé par les derniers remous et rumeurs de tentatives de coup d’Etat qui ont ébranlé le Niger, le référendum constitutionnel du 31 octobre est un franc succès. Les résultats nationaux provisoires proclamés, mardi soir, par la Commission électorale indépendante (Ceni), 90,18 % des votes en faveur du oui à la Constitution de la VIIe république et 52,65 % de participation, dénotent un engouement que le Niger n’avait pas connu depuis le référendum de 1992. « Ce que nous avons vu à travers le référendum est extrêmement encourageant. Le référendum s’est déroulé sur l’ensemble du territoire national et de façon sereine », a commenté la représentante des Nations Unies au Niger, Mme Khardjata Lô N’Diaye.

Cette nouvelle Constitution, qui instaure une VIIe république, prévoit, entre autres, que le président élu dispose d’un mandat de cinq ans renouvelable « une seule fois », ainsi qu’une « amnistie aux auteurs et co-auteurs du coup d’État du 18 février », protégeant ainsi la junte actuellement au pouvoir de toutes poursuites ultérieures. Ces dispositions ne peuvent pas être révisées. Tous les partis politiques avaient appelé à voter oui.

En attendant la présidentielle…

Véritable répétition du prochain scrutin présidentiel, ce référendum était un test important pour la junte au pouvoir. Si sa bonne tenue avait quelque peu été mise en doute par les récentes divisions au sein de la junte, sa réussite est un pas de plus vers la démocratie. A quinze jours du scrutin, quatre haut-gradés avaient, en effet, été arrêtés, accusés de tentative de déstabilisation et d’assassinat sur la personne du leader de la junte Salou Djibo.

Les élections présidentielles en point de mire, le Niger compte bien apprendre des quelques difficultés qu’a connu le référendum du 31 octobre. Le président de la CENI a assuré que des réflexions étaient déjà engagées dans le cadre d’un partenariat entre la CENI, le gouvernement ainsi que des partenaires du Niger, pour trouver des solutions adéquates avant les scrutins à venir. Avec ce référendum, débute une série de six consultations que l’investiture du prochain président de la République, le 6 avril, clôturera.

L’adoption de cette nouvelle constitution est aussi très symbolique. C’est en effet une modification constitutionnelle permettant au chef de l’Etat de se maintenir à la fin de son deuxième mandat, en août 2009, qui avait provoqué la colère de la société civile nigérienne, et entraîné le renversement du président Mamadou Tandja, par la junte actuellement au pouvoir. Cette dernière a, dès sa prise de pouvoir, affirmé sa volonté de retourner le plus vite possible à un pouvoir civil.