Le Nepad sans ses parrains

La conférence sur le financement du Nepad s’est ouverte lundi à Dakar. Les chefs d’Etat – ou leurs représentants – de quarante pays africains ont deux jours pour convaincre les entreprises privées d’investir en Afrique. Malgré l’enjeu de cette rencontre, des voix, et pas des moindres, manquent à l’appel.

A l’ouverture lundi de la Conférence sur le financement du Nepad (Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique), Abdoulaye Wade se retrouve bien seul. Malgré les quelque 900 personnes – dont 500 représentants des entreprises de tous les continents et de toutes les branches d’activité – qui ont envahi Dakar depuis dimanche, il aura du mal à faire oublier des absences criantes. Celles des principaux  » parrains  » du Nepad : Olusegun Obasanjo, président nigerian, Thabo Mbeki, président sud-africain, Abdelaziz Bouteflika, président algérien et Hosni Moubarak, président égyptien.

Représentés par leurs vice-présidents car retenus par certains  » engagements diplomatiques « , Obasanjo n’a pas présidé à l’ouverture de la rencontre et Mbeki n’interviendra pas sur le thème de  » la bonne gouvernance, condition de l’investissement « . Pour autant, les organisateurs de la conférence espèrent bien atteindre son objectif avoué : nouer le dialogue entre les dirigeants africains et les entreprises privées susceptibles d’investir en Afrique dans les secteurs  » prioritaires  » du Nepad : infrastructures, éducation, agriculture, santé, nouvelles technologies et environnement.

Foire aux projets

Cette  » foire aux projets « , selon les mots d’Abdoulaye Wade, doit présenter des plans concrets aux entrepreneurs, définis par des groupes de travail constitués au niveau des régions. Car si le Nepad, ambitieux programme de développement du continent, compte sur l’aide publique, il accorde aussi une large place aux investissements privés.

La quarantaine de pays africains présents à Dakar va donc tenter, pendant deux jours, de changer l’image de l’Afrique et persuader le secteur privé mondial de venir y investir. La priorité : une bonne gouvernance politique et économique, capable de rassurer les investisseurs. La conférence de Dakar sera d’ailleurs suivie, mercredi, d’un sommet de chefs d’Etat, qui devraient évoquer la crise malgache.

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