Le monde de la santé paralysé au Gabon

Les agents du ministère de la santé, regroupés au sein de la coalition syndicale de ce secteur public au Gabon, sont en grève générale illimitée depuis mercredi dernier. Ils réclament la revalorisation de leur prime de logement restée stagnante depuis les décennies malgré les nombreux mouvements d’humeur et les interpellations pacifiques. Reportage.

Notre correspondant au Gabon

« Nous avons décidé de rentrer en grève générale illimitée pour réclamer la revalorisation de notre prime de logement » a déclaré Innocent Tomo, porte-parole des grévistes, ajoutant que les syndiqués ne pourront remettre les blouses blanches qu’après avoir gagné cette bataille qui les oppose au gouvernement.

« Nous avons une prime de logement de 45 000 francs CFA depuis 1960, et au Gabon le studio le moins cher coûte 90 000 francs CFA par mois. La prime de logement devrait être proportionnelle au coût de la vie », a expliqué une infirmière, dénonçant également l’injustice des pouvoirs publics qui ont revalorisé cette prime pour les enseignants seulement, depuis quelques années, à la suite des mouvements de grève.

« Nous savons que cette grève pénalise les malades qui sont nombreux. Nous aimerions bien nous excuser auprès d’eux. On ne voulait pas en arriver là. Mais malheureusement, nous constatons que l’Etat gabonais ne cherche le vrai dialogue et la négociation que lorsque les agents de l’Etat prennent la rue », a regretté une autre infirmière qui a requis l’anonymat.

Les patients dans l’attente de soins efficaces

La plupart des hôpitaux de Libreville sont paralysés. Un service minimum opérationnel au centre hospitalier de Libreville (CHL) où nous avons fait un tour, vendredi, semble être débordé par le nombre élevé des patients en quête des soins d’urgence. Des patients qui pleurent et qui crient parfois les mains sur la tête, demandant la fin rapide de cette brouille dont ils sont les principales victimes.

Pour résoudre cette crise qui paralyse le monde de la santé au Gabon, le gouvernement a décidé mercredi dernier par un arrête signé du Premier ministre et du ministre de la Santé de revaloriser cette prime qui sera désormais payée à tous les agents de la santé et selon les catégories. Selon cet arrêté, les agents devraient percevoir une prime allant de 50. 000 francs CFA à 150. 000 en fonction de leurs catégories.

Mais les grévistes pour le moment ne sont pas convaincus de la bonne foi du gouvernement et rétorquent qu’ils ont déjà été trompés plusieurs fois par des promesses qui n’ont accouché que du vent. Du coup, ils campent sur leurs positions et comptent aller jusqu’au bout de leur logique. Les négociations sont en cours entre les grévistes et la puissance publique et, les prochains jours nous permettront d’en savoir plus. En attendant, les malades meurent chaque jour.