
Le Gabon accueille une mission stratégique du Fonds monétaire international à Libreville. Pendant dix jours, les experts de l’institution analyseront en profondeur les finances publiques du pays dans un contexte de forte pression budgétaire. Entre dégradation de la note souveraine et explosion de la dette, la crédibilité économique du Gabon est mise à l’épreuve.
Le Gabon ouvre ce mercredi 25 février une séquence économique décisive avec l’arrivée d’une mission du Fonds monétaire international (FMI). Durant dix jours, les émissaires de l’institution de Bretton Woods vont passer au crible les comptes de la nation dans un climat marqué par des signaux budgétaires contrastés. Si Libreville insiste sur le fait qu’aucune demande officielle de programme d’aide financière n’a encore été déposée, cette visite, inscrite dans le cadre des consultations de l’Article IV, intervient à un moment charnière où la crédibilité du pays sur les marchés internationaux est scrutée de près.
Un contexte de fragilité financière et d’alerte des marchés
La venue des experts du FMI coïncide avec une période d’inquiétude pour les investisseurs étrangers. Récemment, l’agence de notation Fitch Ratings a dégradé la note de la dette publique gabonaise à CCC–, évoquant un risque inhérent de défaut de paiement. Cette méfiance s’explique par une explosion de l’endettement, qui pourrait dépasser 85 % du Produit Intérieur Brut (PIB) cette année, contre 73 % en 2024.
Cette dérive est largement attribuée à une augmentation massive des dépenses publiques, l’État tentant de répondre aux fortes pressions sociales nées de la transition politique en cours.
Le virage stratégique du nouveau ministère de l’Économie
Face à ces turbulences, le gouvernement gabonais semble avoir opéré un changement de cap notable. Le nouveau ministre de l’Économie, Thierry Minko, affiche une volonté de rupture avec la gestion précédente en prônant une transparence accrue et un rapprochement pragmatique avec les partenaires multilatéraux.
Bien que le discours officiel mette en avant la mobilisation des ressources internes, la main tendue vers le FMI suggère la préparation d’un futur « programme économique de croissance ». Les discussions techniques actuelles visent avant tout à collecter des données fiables pour rétablir une trajectoire budgétaire soutenable.
Les priorités du diagnostic : dette et transparence
Le menu des échanges entre Libreville et le FMI s’articule autour de trois axes fondamentaux : la viabilité de la dette, la maîtrise de la dépense publique et la diversification économique. Dans un pays encore très dépendant des revenus pétroliers, la volatilité des cours mondiaux impose une discipline de fer.
Les experts vont évaluer la capacité du Gabon à financer ses projets structurants sans compromettre ses équilibres macroéconomiques. Au-delà des chiffres, l’enjeu est de rassurer les partenaires internationaux sur la probité de la gouvernance financière et la solidité des réformes engagées pour stabiliser le navire Gabon.




