Le Maroc va «cacher ce qui s’est passé», accuse le Président de Melilla

Eduardo de Castro, Président de Malilla
Le Président de Malilla, Eduardo de Castro

La tension ne faiblit toujours pas au sujet de l’assaut de Melilla qui a coûté la vie à plusieurs dizaines de migrants. Eduardo de Castro, président de la Ville de Melilla, estime que les autorités marocaines «vont cacher ce qui s’est passé» lors de l’assaut d’envergure de migrants.

Dans un entretien à La Vanguardia, le président de la Ville de Melilla s’est voulu on ne peut plus précis. «Cette tragédie n’a pas été causée par nous et la Garde civile n’a rien à y voir», a d’emblée lancé Eduardo de Castro. «Cela s’est passé de l’autre côté de la clôture. Il sera très difficile pour le parquet d’enquêter sur des événements qui ne se sont pas produits sur le territoire espagnol», a précisé le dirigeant.

Le Président de Melilla, tout en déplorant la manière avec laquelle les policiers marocains ont réprimé les migrants qui, dit-il, ont été traité «comme des objets», a demandé l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités. Eduardo de Castro a saisi cette opportunité pour solliciter la protection de Melilla par Frontex, l’agence européenne de contrôle des frontières. Selon lui, le fait de déployer plus d’agents à la frontière pourrait avoir «un effet dissuasif pour le Maroc».

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Environ 2 000 migrants ont pris d’assaut l’enclave espagnole de Melilla pour rejoindre le royaume ibérique, vendredi 24 juin dernier. Près de 130 d’entre eux ont franchi la frontière et accédé à l’Espagne. Seulement, au moins 23 d’entre ces migrants (37 selon des ONG) ont péri au cours de cet assaut meurtrier. Le Maroc a fait état de 2 policiers tués et 140 autres blessés. L’ONU, l’UA et plusieurs organisations de défense des droits humains demandent l’ouverture d’une enquête. Pour sa part, Alger accuse Rabat de chantage dans cette affaire.

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