Le Maroc : une agriculture fragile, soutenue par les politiques publiques

Le royaume connaît une aggravation de la sécheresse qui sévit depuis deux ans. Pour les dirigeants du pays, le maintien de l’agriculture passe par l’entretien des infrastructures et un soutien financier aux produits de premières nécessité.

Le Maroc connaît un paradoxe propre aux nations méditerranéennes en voie de développement. Un climat sec et montagneux au nord, désertique au sud. Mais une agriculture qui emploie 40% des actifs, produisant moins d’un cinquième des richesses nationales. Et encore, les variations climatiques, comme la sécheresse, viennent perturber les données, les tirant presque toujours vers le bas.

Depuis le début de l’année une terrible sécheresse a causé la perte de 52 millions de journées de travail. Pour éviter un effondrement du secteur agricole dont dépend des millions de marocains, le gouvernement a lancé, en avril, un programme de soutient de 6, 5 milliards de dirhams sur quinze mois. Plus de trois fois le budget du ministère de l’agriculture !

Objectif : maintenir ouvert des chantiers durant les périodes de sous-emploi, protéger les domaines forestiers, maintenir les réseaux d’irrigation, les pistes rurales et entretenir les écoles. En outre il devra consolider la dette des agriculteurs déjà débiteurs, suite à un fort manque d’eau l’an passé.

Fourrage pour le cheptel

1, 255 milliards de dirhams seront consacrés à résorber une baisse drastique des fourrages et sauver le cheptel. Environ 10% de ce fond de soutien ira à l’approvisionnement du monde rural en eau potable. 2 225 localités sont concernées pour plus de 600 000 habitants.

Les conséquences d’une telle sécheresse affectent particulièrement la population marocaine, confrontée à l’exode rural et qui compte sur des produits de première nécessité, comme la farine, pour se nourrir. Les prix de celle-ci sont garantis par des subventions d’Etat. Pour se prémunir d’ une vague spéculative dont on connaît les risques pour la paix sociale, le gouvernement va introduire cinq millions de quintaux de blé tendre dans les souks et les halles au grain à 260 dirhams le quintal.

Ces mesures de colmatage n’ont pas toujours produits les effets escomptés. L’an dernier le plan anti-sécheresse s’était surtout caractérisé par un engorgement des port dû… à l’exportation des céréales. CQFD.