Le Maroc séduit les avocats d’affaires

Le Maroc deviendrait-il le nouvel eldorado des avocats d’affaires ? Trois cabinets de renom, Allen & Overy, Clifford Chance et Norton Rose, ont annoncé l’ouverture d’ici à la fin de l’année de bureaux à Casablanca.

Trois cabinets anglo-saxons, Allen & Overy, Clifford Chance et Norton Rose, envisagent de s’implanter prochainement dans le royaume chérifien. Le groupe Allen & Overy et Clifford Chance font partie de ce que l’on appelle le « Magic Circle ». Une expression utilisée pour désigner les cinq premiers cabinets d’avocats de Londres. Pour Allen & Overy et Clifford Chance, cette prochaine implantation au Maroc, prévue en septembre 2011, signe leur première venue en Afrique. Norton Rose, dont le siège social est à Londres et qui a fusionné en juin 2011 avec le cabinet canadien Ogilvy Renault, en sera, lui, à sa cinquième implantation sur le continent. Il est déjà présent en Afrique du Sud et en Tanzanie. Le groupe est l’une des dix plus grosses pratiques juridiques internationales. Et comme ses deux concurrents, Norton Rose a annoncé sur son site Internet qu’il envisageait l’ouverture de ce nouveau bureau à Casablanca en septembre 2011.

L’avocat d’affaires joue un rôle important dans le monde du commerce. En cas de décision importante dans une entreprise, c’est un conseiller stratégique qui défend les intérêts de son client devant les tribunaux. Selon le groupe Allen & Overy, le Royaume chérifien représente une plateforme idéale d’investissements et d’affaires vers l’Afrique. Dans un communiqué, paru sur le site Internet du groupe, le cabinet explique qu’une étude a estimé que les infrastructures marocaines, «jugées excellentes», et la stabilité politique sont des caractéristiques idéales pour développer une stratégie commerciale en Afrique. Allen & Overy a également fait référence à l’Afrique du Sud pour y ouvrir une antenne, mais la position géographique et son climat d’affaires ont fait pencher la balance vers le Maroc.

Pourquoi le Maroc ?

Au royaume chérifien, les avocats d’affaires qualifiés sont peu nombreux et cela constitue une opportunité pour les cabinets étrangers spécialisés. Amin Hajji, fondateur du Cabinet Hajji & Associés, docteur en droit et professeur à l’université Hassan II de Casablanca, affirme, dans une interview publiée sur Lavieeco.com, qu’avec la mondialisation le système juridique marocain a dû s’adapter afin que les donneurs d’ordres étrangers continuent leur business au Maroc. Selon M. Hajji, c’est pour cette raison que certains cabinets de conseils internationaux portent une attention toute particulière au marché marocain. « L’arrivée des cabinets d’avocats d’affaires étrangers au Maroc s’explique par ce phénomène et par l’intégration de l’économie marocaine au marché mondial. Les juristes d’affaires doivent jouer leur rôle dans l’accompagnement des opérateurs marocains dans leur développement et des investisseurs étrangers qui font le choix de s’installer au Maroc. C’est cette dynamique économique qui explique l’intérêt que portent beaucoup de cabinets de conseil internationaux au marché marocain », analyse-t-il.

Il est difficile de trouver des profils d’avocats spécialisés disponibles au Maroc, notamment parce qu’il y a très peu de formations dédiées aux cabinets d’avocats d’affaires. « Un juriste d’affaires doit non seulement maîtriser les bases juridiques, mais également la finance et le commerce international puisqu’il lui est demandé de comprendre et maîtriser les montages financiers, les restructurations, les opérations de fusions-acquisitions, etc. Au Maroc, on est très loin de cette configuration », poursuit M. Hajji. Les trois cabinets l’ont très bien compris.

Toutefois, bien qu’il n’y ait que très peu d’avocats d’affaires au Maroc, les juristes marocains ont pour eux l’avantage de maîtriser le droit de leur pays, tant sur le plan de la pratique dans les tribunaux que des conseils. A ce sujet, M. Hajji souligne que les cabinets étrangers ne font que du conseil. Les entreprises implantées dans le royaume pourraient donc avoir recours aussi bien aux avocats d’affaires qu’aux juristes marocains. D’autant plus que le Maroc ne cesse de consolider ses échanges commerciaux sur le marché mondial et d’entreprendre des chantiers d’envergure dans presque toutes les régions du pays. Une aubaine pour ces cabinets d’avocats d’affaires qui arrivent à pic dans une économie qui a plus que jamais besoin de leurs services.