Le Maroc pousse un léger soupir

Les électeurs marocains donnent un second mandat à l’équipe d’Abderahmane Youssoufi mais lancent un sérieux avertissement en triplant le nombre de sièges islamistes. Le Parti justice et développement (PJD), islamiste modéré, est le grand vainqueur de ce scrutin.

Abdelilah Benkirane ne cache pas sa joie. Son parti, le Parti justice et développement (Le PJD) a triplé le nombre de sièges au parlement. Selon des chiffres non définitifs, le parti islamiste modéré aurait 37 sièges. C’est à dire qu’il a atteint son objectif, lui qui misait sur une quarantaine d’élus et qui a laissé entendre qu’il accepterait de participer au gouvernement, se déclarant satisfait de ce résultat. Et il aurait pu faire plus mais les dirigeants ne voulaient pas prendre le pouvoir. Pas encore, disent-ils.  » Le PJD avait décidé de ne présenter des candidats que dans 56 circonscriptions sur les 91 que compte le pays. Nous avons voulu éviter un raz-de-marée que nous aurions été incapables de supporter politiquement aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Le scénario algérien, c’est la phobie de tous les Marocains aujourd’hui « , souligne lucidement le responsable du PJD.

La continuité sous pression

Les élections législatives marocaines du 27 septembre ont été donc marquées par une forte poussée du vote islamiste, mais ont aussi maintenu les positions de l’actuelle coalition gouvernementale. L’Union socialiste des forces populaires (USFP) du Premier ministre Abderrahmane Youssoufi arrive en tête du scrutin avec 44 sièges. Son parti pourrait sans doute reconstituer une majorité à la Chambre des représentants s’il conservait l’appui de ses principaux alliés qui maintiennent globalement leurs sièges.

Le faible taux de participation annoncé, 52 à 55% selon les chiffres provisoires contre 58,3% en 1997, est analysé différemment. Désintéressement pour le pouvoir, une grande victoire pour l’association islamiste Al Adl Wal Ihssane (Justice et bienfaisance), la plus influente dans le pays, qui avait appelé au boycott.

Selon la Constitution marocaine, le roi Mohammed VI désignera un Premier ministre qui aura la charge de composer une majorité parlementaire et de proposer la nomination d’une équipe gouvernementale. L’actuel Premier ministre ne s’est pas encore prononcé publiquement sur ses intentions.

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