Le Maroc : l’exception européenne

Les ministres européens des Affaires étrangères, réunis à Luxembourg, ont accordé lundi au Maroc « un statut avancé ». Un statut qui implique un renforcement des relations UE-Maroc dans le domaine politique et une intégration progressive du royaume dans le marché intérieur de l’Union. Cette décision a été saluée par le ministre marocain des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri qui a souligné que Rabat bénéficierait désormais de « tous » les avantages de l’UE, « sauf les institutions ».

« Cet engagement européen sur le statut avancé est d’abord le témoignage d’une confiance », a déclaré à l’AFP le ministre marocain des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri. L’Union européenne a décidé lundi de renforcer son partenariat avec le royaume chérifien.

« Le Maroc est engagé dans un vaste chantier de réformes dans tous les domaines. Il a souhaité un statut avancé dans notre politique de voisinage, un ancrage plus fort à l’Europe pour consolider les acquis et donner une nouvelle impulsion à son processus de modernisation et de transition démocratique », a expliqué la commissaire chargée des relations extérieures et de la politique de voisinage Mme Benita Ferreo-Waldner dans son communiqué de presse. « Nous répondons dans le concret à la définition de (Romano) Prodi : “tout sauf les institutions“», a continué M. Fassi Fihri, en référence à un discours de 2003 de M. Prodi, alors président de la Commission européenne. Il avait déclaré que les pays du sud de la Méditerranée pourraient partager avec l’UE “tout, sauf les institutions“. « Nous sommes en train d’approcher le “tout“ », a insisté le ministre.

La feuille de route du « statut avancé »

Dans le domaine politique, ce « statut avancé » concerne notamment la mise en place de sommets UE-Maroc et la mise en place d’un accord cadre pour la participation du Maroc aux opérations de gestion de crises. En matière économique, ce statut vise à approfondir les relations commerciales à travers un accord de libre échange global et approfondi, qui couvre de nouveaux domaines (marchés publics, droits de la propriété intellectuelle, mouvements des capitaux, concurrence, développement durable, etc…).

Le Maroc pourra participer aussi à plusieurs agences européennes comme Eurojust, Europol, l’Agence européenne de la sécurité aérienne ou l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies. Interrogé par l’AFP, Hugues Mingarelli, un responsable de la Commission européenne, a cependant regretté que le nouveau « statut avancé » ne soit pas suffisamment ambitieux sur un point : « la gestion du flux migratoire ».

Pour sa part, M. Fassi Fihri espère que ce nouveau statut pourra déboucher sur un accord formel en 2013. L’UE pourrait après 2010 accroître son aide au Maroc, déjà premier bénéficiaire des fonds européens destinés aux pays de la politique de voisinage (654 millions d’euros pour 2007-2010). Une belle opportunité pour le Maroc.