Le Maroc achète trois drones Heron TP à Israël

Alors que les conclusions du comité Al Qods présidé par le roi Mohammed VI ont été rendues ce week-end, un média israélien révèle que le royaume du Maroc a acheté trois drones de type Heron TP à Israël par l’intermédiaire du groupe français Dassault.

Le département marocain de la Défense aurait fait l’acquisition de trois drones israéliens. Le roi Mohammed VI, chef suprême des armées, se dirige donc, entre autres, vers Israël dans le cadre de la course à l’armement que se livre le royaume et son voisin algérien. L’Algérie s’équipe habituellement de matériels militaires russes. Mais dans ce domaine, la Russie accuse un retard technologique. L’armée algérienne envisage donc d’acheter des drones fabriqués aux Émirats arabes unis. Il s’agit d’appareils conçus par la société ADCOM Systems : drone de type MALE (Medium Altitude Long Endurance), nommé Yabhon United 40 version Block 5.

, aurait passer une commande de drones il y a quelques jours à la Russie, destinés à la surveillance de ses frontières.

L’information concernant l’acquisition par le royaume marocain de trois drones israéliens de type Heron TP a été révélée par le quotidien israélien Maariv et relayée par de nombreux médias au Moyen-Orient. La holding Dassault aurait joué l’intermédiaire dans cette transaction.

Pour information, le drone Heron TP, ces avions sans pilote dont un exemplaire a été acheté par la France sous Sarkozy, est le plus important et le plus sophistiqué des drones assemblés part IAI (Israel’s Aerospace Industry). Aussi long qu’un Boeing 737, il est capable de mener des missions de reconnaissance et de collecte d’information à plus de 40 000 pieds et à une autonomie de vol de 36 heures. Il peut transporter différents équipements dont des radars, des détecteurs et des caméras, mais aussi des missiles. Au-delà de sa fonction de surveillance, il s’agit aussi et surtout d’un drone d’attaque. Devenu officiellement opérationnel dans l’armée israélienne en 2010, il a été testé à Gaza lors de l’opération Plomb Durci en décembre 2008 et janvier 2009.

Mohammed VI digne du Comité Al Qods ?

L’opération militaire Plomb Durci avait suscité une large réprobation dans l’opinion internationale, en raison du caractère jugé disproportionné de la riposte israélienne, du nombre important de victimes palestiniens et de l’utilisation par Tsahal d’armes dont l’usage est restreint ou limité par le droit international humanitaire. C’est précisément pour cela que le roi du Maroc fait l’objet de vives critiques sur le Web.

Pour rappel, Mohammed VI, par ailleurs président du Comité Al Qods (Jérusalem), a critiqué vendredi à Marrakech, lors d’une réunion rassemblant une quinzaine de pays musulmans, en présence du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, la politique de colonisation en Cisjordanie du Premier ministre Benyamin Netanyahu. Le Comité Al Qods soutient les efforts déployés en vue de l’instauration d’une paix juste et globale et vise à permettre au peuple palestinien le recouvrement de tous ses droits, y compris son droit à l’établissement d’un Etat palestinien, avec Jérusalem comme capitale.

Nombreux sont les internautes qui se demandent comment Mohammed VI peut-il à la fois diriger le comité Al Qods et acheter des drones à l’armée israélienne, ceux-là même qui ont servi contre Gaza en 2008 et 2009 ? Nous avons tenté d’obtenir des réponses auprès des autorités compétentes, en vain. Le sujet semble (très) confidentiel.

Les membres des cinq groupes parlementaires marocains issus de la majorité et de l’opposition favorables au projet de loi contre la normalisation des relations avec Israël n’ont, pour l’heure, fait aucune déclaration. A l’accoutumée, ces derniers sont en avant-poste lorsqu’il s’agit de dégainer contre un ressortissant israélien participant à une réunion politique, économique ou culturelle au Maroc. La raison de ce silence ? Le risque de se retrouver face-à-face avec le Palais étant donné que l’armée est sous l’autorité du roi. Des internautes et certains médias marocains tels que Yabiladi invitent ces politiques à revoir leur copie.