Le Maghreb en chansons

La musique nord-africaine est plurielle. Véronique Mortaigne, critique au Monde, a fait une plongée dans les univers musicaux de l’Afrique du Nord. Dans son livre, Musiques du Maghreb, publié aux éditions du Chêne, elle a glissé sa compilation personnelle. Un CD à écouter en boucle.

Quand un album s’ouvre avec A vava inouva d’Idir et se ferme Syndikaina de Gnawa Diffusion, il ne peut être qu’exceptionnel. Quand Khaled, au meilleur de sa forme, Cheikha Rimitti, plus délurée que jamais, et Rachid Taha, monstrueusement juste, sont de la partie, le résultat relève de la magie. Le choix de Véronique Mortaigne, critique au Monde, est judicieux. L’album qui accompagne le livre Musiques du Maghreb, le pluriel s’impose, dégage une unité harmonieuse. C’est sa qualité et son principal défaut. Car l’on est conforté dans notre paresse. L’album est excellent mais n’apporte aucune nouveauté. On n’en veut pas à l’auteure : le disque tourne en boucle. Difficile de s’en détacher. Les chansons s’enchaînent comme s’il y avait une note cachée commune.

Rimitti-moi ça !

Si Enrico Macias retrouve sa Constantine en chantant, en arabe dans le texte, Ya bahi el jamel, Cheikha Rimitti (pour remettez la même chose) a dû mal à aller à Saïda car la ville est très loin et le transport horriblement cher. De sans voix rocailleuse, l’octogénaire redonne au raï toute son authenticité et sa ruralité. Le disque est trop algérianisé. Seules Amina, qui pleure son amour déchiré, et Amina Alaoui, dans une complainte andalouse, ne sont pas algériennes. Véronique Mortaigne aurait été bien inspirée d’inclure des artistes marocains comme Nadjet Attabou ou Nass El Ghiwane.

Comme toute compilation, celle-ci engendre des frustrations. On aurait voulu qu’il ait plus de diversité. Mais c’est le propre d’une compilation : c’est avant tout le choix de l’auteur. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas mauvais.

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