Le Liberia dans l’oeil du cyclone

Au Liberia, la guerre civile s’amplifie. La reprise aujourd’hui des pourparlers vise la signature d’un cessez-le-feu entre le régime et les rebelles. Le président Charles Taylor, réfugié à Monrovia et sous le coup d’une inculpation par les Nations Unies pour crime de guerre, est dans l’impasse.

Guerre ou paix. En ce lundi 16 juin, le Liberia est dans l’expectative. La guerre civile, débutée en 1999, s’amplifie et la capitale Monrovia est directement menacée depuis deux semaines. Les pourparlers de cessez-le-feu reprennent aujourd’hui au Ghana, orchestrés par la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest. L’espoir d’aboutir à un accord entre le régime du Président Charles Taylor et la rébellion reste maigre et dans les prochains jours, le pays pourrait basculer dans le chaos. Le médiateur de ces pourparlers, l’ex-Président nigérian Abdulsalami Abubakar, a en effet suspendu les négociations la semaine dernière face à la situation de chantage qui s’est installée.

D’un côté, les rebelles du Lurd (Libériens Unis pour la Réconciliation et la Démocratie) menacent toujours Monrovia, gagnant chaque jour quelques kilomètres sur la capitale. Ils exigent le départ du Président pour un retour au calme. De l’autre, Charles Taylor continue de pousser ses troupes au combat tant qu’un cessez-le-feu ne sera pas signé. Les deux parties du conflit campent sur leurs positions contradictoires depuis des semaines, le compromis ne semblant pas faire partie de leurs prérogatives. Sur ces quatre années de conflit, le chef de l’Etat a pourtant perdu de son pouvoir et défend à présent son dernier bastion.

La communauté internationale ressert l’étau

Le 4 juin dernier, la situation a pris une nouvelle ampleur. En parallèle des négociations de paix à Akosombo, auxquelles participait le Président libérien, se tenait un tribunal spécial des Nations Unies à Freetown (Sierra Leone). Taylor s’est alors vu inculpé de crime de guerre et crime contre l’humanité pour son rôle dans la guerre civile sierra leonaise. Déjà sous le coup de précédentes sanctions des Nations Unies pour trafic d’armes et de diamants avec le même pays, Charles Taylor se trouve désormais acculé par la communauté internationale, et voit sa souveraineté doublement menacée.

L’homme promet maintenant d’envisager la paix si ces inculpations sont levées. Le chantage sur les instances internationales finit d’enliser un peu plus le conflit. La reprise des pourparlers pourrait pourtant débloquer la situation militaire et politique du Liberia. La priorité du jour reste la fin du conflit armé et des violences qui ont déjà provoqué la fuite de nombreux civils. La prochaine étape sera alors d’envisager le destin politique du Liberia, et de Charles Taylor.