Le Kenya débordé par l’afflux de réfugiés somaliens

Les autorités kenyanes ont refusé, mercredi, l’entrée dans leur pays à 4.000 réfugiés en provenance de Somalie. Elles craignent que certains d’entre eux soient des combattants de l’Union des tribunaux islamiques (UTI) fuyant la guerre. Enfreignant les conventions internationales, elles ont rapatrié plusieurs centaines de réfugiés dans leur pays.

L’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a dévoilé que 4.000 Somaliens étaient bloqués à Dhobley, sur la frontière entre les deux pays, attendant d’être autorisés à demander l’asile au Kenya. Des milliers de réfugiés somaliens, fuyant les affrontements entre les forces du gouvernement de transition somalien soutenues par l’Ethiopie et l’UTI, se dirigent vers la frontière commune avec le Kenya depuis ces derniers jours.

« Des informations continuent à nous parvenir sur les déplacements de Mogadiscio vers les villages environnants, particulièrement à partir des régions de Karen, Medina et Wabari, où l’UTI bénéficiait d’un soutien important », souligne l’OCHA. Le Kenya a renforcé les mesures de sécurité à ses frontières pour empêcher les islamistes en fuite d’entrer avec leurs armes sur son territoire, qui abrite déjà environ 160.000 réfugiés somaliens arrivés par vagues successives tout au long des 15 ans de guerre civile dans leur pays.

Des Somaliens rapatriés de force

Mais il semble que, désormais, le Kenya ne se contente pas de conternir l’afflux de réfugiés. Selon la BBC, tôt dans la matinée de mercredi, les autorités kenyanes ont rapatrié de force plus de 300 Somaliens qui étaient, pour la majorité, des femmes et des enfants fuyant les combats.

Au cours d’une conférence de presse tenue mercredi, à Nairobi, le ministre des Affaires étrangères kényan, Raphael Tuju, s’est justifié en déclarant que les militaires n’étaient « pas capables de faire la différence entre les combattants islamistes et les réfugiés » et que, par conséquent, il était préférable qu’ils restent en Somalie. Il a ajouté que l’Europe et les Etats-Unis ne fournissaient pas assez d’aide à son pays pour faire face à cette situation, et précisé qu’il avait demandé à l’Ethiopie et au gouvernement de transition somalien d’établir des camps en Somalie pour les personnes déplacées.

Cette mesure de rapatriement des réfugiés, que le Kenya applique pour la première fois depuis la guerre somalienne de 1991, entre en contradiction avec les conventions internationales protégeant les réfugiés. Antonio Guterres, le responsable de l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), a rappelé qu’au Kenya les civiles somaliens devraient recevoir le titre de demandeurs d’asile.

Avec Panapress