Le Grand Hôtel de Kinshasa menacé de fermeture

Le Grand Hôtel de Kinshasa est menacé de fermeture car le principal client et actionnaire, l’Etat congolais, a laissé la plaie de la dette s’accumuler de 1997 à 2001 pour atteindre une créance évaluée à 46 millions de dollars américains. Des négociations sont actuellement en cours avec l’autre propriétaire de la structure, le groupe Intercontinental, pour trouver une issue à la crise.

Par Badara Diouf

Le Grand Hôtel de Kinshasa (GHK) en situation de banqueroute. L’information a été diffusée lors d’une conférence de presse à Kinshasa le 19 octobre dernier. La structure est menacée de fermeture suite aux impayés auxquels elle doit faire face et principalement une ardoise gouvernementale de 46 millions de dollars, noircie entre 1997 et 2001. A ce jour, pour éviter que le GHK mette la clé sous le paillasson, des négociations sont en cours entre l’Etat congolais, premier actionnaire, et l’avocat du groupe Intercontinental, maître Bernard Remiche.

L’unique cinq étoiles du pays, le GHK se trouve en plein centre ville et surplombe le fleuve Congo. Il dispose de 420 chambres individuelles avec air conditionné, une piscine, 32 suites et 12 appartements de standing. Un cadre qu’ont l’air d’apprécier les autorités kinoises pour organiser leurs colloques et rencontres internationales. Mais un cadre qui a un coût, comme semble l’avoir oublié le gouvernement. Bien que l’hôtel lui appartienne à moitié.

Rééchelonner la dette

La direction de l’hôtel reste très discrète sur les discussions en cours. « Nous ne pouvons pas divulguer d’information pour le moment. Et nous ne pouvons rien dire de plus que ce que nous avons déjà dit à la presse », nous explique-t-on au téléphone. L’Etat congolais tente apparemment de trouver une solution en proposant un allègement de la somme due pour permettre une continuité de l’activité de l’hôtel.

« La Banque mondiale nous a octroyé une aide de 2 millions de dollars et nous sommes en train de discuter pour rééchelonner notre dette », nous explique Robert Luzolanu, coordonnateur au ministère des Finances. Un solde qui s’élève tout de même à 44 millions et à côté duquel le soutien de la Banque mondiale fait figure de simple goutte d’eau pour laver la réputation de mauvais payeur de l’Etat.

Si le Grand Hôtel de Kinshasa venait à fermer ce serait un des fleurons nationaux qui disparaîtrait. Un coup psychologique de taille pour les Kinois, sans compter le cortège de licenciements éventuels qu’une cessation d’activité engendrerait. La solution pourrait également venir d’un repreneur qui rachèterait les parts de l’Etat afin d’éponger sa dette. Et de participer à une gestion plus saine du complexe hôtelier.