Le GPL hors la loi en Côte d’Ivoire

Plus de 20 mille automobilistes ivoiriens roulent au gaz. Et pourtant l’utilisation du GPL reste toujours interdite dans le pays. Des associations de distributeurs, dans la ligne de mire de la répression des fraudes, appellent à sa légalisation. Les autorités ivoiriennes travaillent à l’élaboration des textes de lois.

De plus en plus d’automobilistes en Côte d’Ivoire, font le choix du GPL ( gaz de pétrole liquéfié) comme carburant. Le gouvernement s’intéresse à ce réseaux qui s’est développé dans la clandestinité. Selon M.Bouaky, commissaire à la direction des fraudes, organisme rattaché au ministère de l’Energie et des mines,  » l’Etat se prépare à légiférer très bientôt pour réorganiser le secteur ». Pour l’heure les sanctions, allant de l’arrêt de l’approvisionnement en gaz jusqu’à la fermeture des stations restent en vigueur.

Sous le couvert de la vente du gaz domestique, le commerce florissant du GPL s’est développé depuis 1989 sans contrôle des autorités . Ces commerces, inscrits comme revendeurs de gaz domestique bénéficient des subventions de l’Etat qui avaient été prise pour réduire la consommation du charbon de bois dans les ménages. Installées de façon anarchique, ces stations transforment à tout va le gaz domestique en GPL.

Ils ne paient donc pas les patentes et autres taxes exigées aux gérants de stations-services ordinaires. Un distinguo est tout de même à faire dans ce secteur d’activité. D’après M.Koffi Télesphore de la Société Ivoirienne de Prestation de Service (SIPRES), installateur des kits auto,  » L’intervention de l’Etat devra permettre l’agrément des centres de distribution « . Sortir cette activité économique de la clandestinité, lui accorder un label de qualité, tel sont les objectifs de ces distributeurs  » officiels  » du GPL réunis au sein d’un comité.

Pour plus de rentabilité

L’Etat veut aller au delà des sanctions ponctuelles et réorganiser ce secteur d’activité porteur. Alors que les usagers dénoncent le laxisme des autorités dans leur volonté de légiférer, M. Bouaky souligne plutôt l’absence de lois de référence. Le contrôle du secteur permettra non seulement une entrée de fonds dans les caisses de l’Etat, mais il rendra énormément service aux usagers. Les prélèvements liés à la consommation de plus de 20% des automobilistes ivoiriens viendraient alors combler  » les trous causés par tant d’années de laisser aller « .

Par ailleurs, face à la flambée des prix du pétrole et de l’essence, la vulgarisation du GPL s’offre comme une alternative. Il ressort de la nécessaire légalisation du secteur, le respect des normes environnementales et la stabilisation des prix sur tout le territoire ivoirien.