Le gouvernement de Centrafrique sur pied

Le Premier ministre centrafricain, Abel Goumba, a annoncé lundi la formation de son  » gouvernement de transition « . Les proches du putschiste autoproclamé président, François Bozizé, et la Concertation des partis politiques de l’opposition, obtiennent l’essentiel des portefeuilles de ce gouvernement dont la durée de vie n’a pas été précisée.

L’importante manifestation de soutien au général François Bozizé qui s’est déroulée dans les rues de la capitale centrafricaine, ce vendredi, semble avoir fait office d’élection pour le régime né du coup d’Etat du 15 mars dernier. Dès lundi, Abel Goumba, Premier ministre nommé par le président autoproclamé, a annoncé la formation d’un  » gouvernement de transition  » composé de 28 ministres. Les proches de François Bozizé et la Concertation des partis politiques de l’opposition (CPPO), jusque-là présidée par Abel Goumba, se partagent l’essentiel des 28 portefeuilles de ce gouvernement dont l’ex-parti au pouvoir est exclu. Aucune date n’a été signifiée quant à la durée de sa mission, précise l’AFP.

Un gouvernement d’union

A l’issue de la semaine de concertation du vieux sage et éternel opposant, Abel Goumba (76 ans), il a été décidé que le général Bozizé, arrivé au pouvoir par les armes,  » conserverait  » le ministère de la Défense. Abel Goumba lui-même, cumule le ministère de l’Economie et des Finances avec son poste de Premier ministre. Le représentant de la branche politique de la rébellion aujourd’hui au pouvoir devient ministre des Affaires étrangères, alors que le porte-parole du général Bozizé est nommé ministre de la Communication et de la Réconciliation nationale. Quatre autres officiers de l’ex-rébellion font leur entrée dans le gouvernement.

La douzaine de formations qui composent la CPPO obtiennent une dizaine de postes. A lui seul, le parti du Premier ministre – le Front patriotique pour le progrès (FPP) – en reçoit cinq. Le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), parti de l’ex-président André Kolingba, à qui l’on impute la tentative de coup d’Etat de mai 2002, obtient deux postes. Le gouvernement de transition ratisse jusqu’aux ex-partis de la mouvance présidentielle afin d’élaborer un programme consensuel. Les autorités ont habilement désigné un syndicaliste, Jacques Boty, membre de l’Union syndicale des travailleurs de Centrafrique (USTC), à la tête du ministère sensible de la Fonction publique. Certains fonctionnaires cumulent jusqu’à 36 mois d’arriérés de salaires.

Une période de transition indéfinie

Au lendemain de son coup d’Etat, le général Bozizé a suspendu la Constitution, dissout l’Assemblée nationale et limogé le gouvernement. Lors de son premier discours à la Nation, le président autoproclamé a annoncé la création d’un Conseil national de transition associant les forces politiques du pays. Autant de décisions qui doivent avoir cours pendant une  » période de transition consensuelle  » dont la durée n’a pas été précisée par le général Bozizé. Les autorités centrafricaines n’ont pas apporté plus de précisions quant à la durée de cette période, ce lundi, à l’occasion de l’annonce de la composition du gouvernement de transition.

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