Le gouvernement camerounais ne veut pas négocier avec les Bakassi Freedom Figthers

Le gouvernement camerounais a émis, lundi, des doutes sur l’identité et les motivations des Bakassi Freedom Figthers (BBF) ravisseurs des dix personnes, dont sept Français. Les Bakassi Freedom Figthers disent se battre pour l’émancipation de la péninsule de Bakassi et l’épanouissement des ressortissants nigérians de cette zone. Le mouvement rebelle sollicite une négociation avec le gouvernement du Cameroun qui refuse de lui accorder une quelconque légitimité.

Notre correspondante au Cameroun

Une information délivrée par les médias publics indique que « les autorités camerounaises n’ont pas eu connaissance de l’existence sur le territoire national du groupe dénommé Bakassi Freedom Figthers dont les médias nationaux et internationaux relaient les déclarations », depuis jeudi dernier. Si à Yaoundé on affirme ne pas être au courant de l’existence de ce groupe de rebelles, les Bakassi Freedom Figthers affirment, quant à eux, avoir, écrit au gouvernement une lettre qui serait restée sans suite : « Nous avons envoyé un document il y a trois mois avec nos revendications pour des négociations de paix. Le gouvernement n’a pas répondu », déclare le Commandant Ebi Dari.

Le chef des Bakassi Freedom Fighters a affirmé samedi dernier que son groupe n’allait pas tuer les otages. Mais les rebelles sont clairs : « Le gouvernement du Cameroun ne nous a pas encore contactés. S’il ne nous appelle pas, nous garderons les otages pour très longtemps».
Les revendications de ces rebelles et l’objet de la négociation avec le gouvernement camerounais se font un peu plus précises. On sait, par exemple, qu’ils revendiquent de meilleures conditions de vie à Bakassi, une zone très enclavée dans laquelle il manque encore de tout : dispensaires, hôpitaux, écoles, moyens de communication, infrastructures routières et de transport… Yaoundé affirme tout de même que depuis la rétrocession définitive de Bakassi au Cameroun, les efforts ont été multipliés pour y améliorer les conditions de vie des populations.

« Toutes les mesures seront prises pour assurer la sécurité des otages »

Dans un communiqué diffusé samedi dernier, le chef de l’Etat camerounais a condamné l’enlèvement et assuré l’opinion nationale et internationale que tout serait mis en œuvre pour préserver la sécurité des otages, kidnappés depuis jeudi dernier.
Pour commencer, deux hauts responsables militaires en charge de la région de Bakassi et Limbé ont été limogés samedi par Paul Biya, le président camerounais.

C’est dans cette ville balnéaire de Limbé qu’un braquage spectaculaire de banques s’est produit le 28 septembre dernier. Des individus non identifiés venus par mer avaient attaqué plusieurs établissements bancaires de la ville, tué un homme et emporté environ 250 millions de Fcfa.
Selon les autorités camerounaises, ces multiples attaques de Bakassi et la prise d’otages de 10 personnes sont menées par des « personnes attirées par les richesses de la zone ». On aurait en effet constaté, depuis la rétrocession de la péninsule au Cameroun, l’émergence des actes comme la pêche illicite, les trafics de drogue, la piraterie maritime et des prises d’otages menées pas des bandes fuyant des forces de l’ordre nigérian…

En attendant de voir plus clair dans ce casse-tête que devient Bakassi pour le Cameroun, une cellule de crise a été mise en place pour recueillir d’éventuelles données.