Le Gabon veut chasser ses étrangers


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Pour lutter contre l’insécurité galopante, le Gabon envisage d’expulser vers leurs pays les délinquants et les criminels d’origine étrangère. Ces « mauvais étrangers » devrait être rapatriés chez eux après avoir purgé leur peine. C’est du moins l’une des solutions évoquées par le gouvernement pour juguler l’insécurité. Une situation paradoxale quand on connaît les efforts déployés par le Gabon pour maîtriser son flux migratoire.

Les autorités gabonaises envisagent d’expulser les étrangers responsables d’actes délictueux ou criminels pour faire face à l’insécurité grandissante que connaît le pays. Pour remédier à la situation, le gouvernement gabonais a décidé de rapatrier ses « mauvais étrangers », une fois leur peine purgée.

« Le plus souvent, ce sont des Ghanéens et des Nigérians qui sont arrêtés. Ils arrivent du Cameroun par la mer (Océan atlantique, ndlr) dans des embarcations de fortune. Les passeurs leur prennent environ 100 000 F CFA (environ 152 euros). Les frontières sont difficiles à surveiller par manque de moyens. Il y a un an, pourtant, la police et la gendarmerie ont reçu respectivement près d’un milliard de F CFA chacun. Il semblerait que l’argent ait été détourné. Au total le Gabon est plus sévère avec les non nationaux qui respectent la loi en matière d’immigration qu’avec les clandestins », explique Antoine Essone-Ndong, journaliste à L’Union. En effet, le Gabon est l’un des pays les plus rigoureux en matière d’immigration.

35 % d’étrangers au Gabon

Afin de maîtriser son flux migratoire, le Gabon a instauré, entre autres, des papiers d’identité (visas, cartes de séjour), un système de taxation à l’entrée et à la sortie pour les étrangers. De même, les tarifs appliqués en matière d’octroi de licences, pour exercer des activités commerciales, sont différents pour les étrangers. Notons que la taxation à l’entrée et à la sortie n’existe pas en Côte d’Ivoire, pourtant taxé d’être xénophobe. Néanmoins, le Gabon attire et serait même plus accueillant que la Côte d’ Ivoire. Selon Jean-Louis Domergue, représentant pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), on y estime « la population étrangère à 35% » contre 26% en terre ivoirienne.

Notons que ce n’est pas la première fois que le Gabon a recours à l’expulsion. « Nous avons organisé, en collaboration avec les autorités béninoises et gabonaises, le rapatriement de près de neuf cent pêcheurs béninois en 2002. Ces derniers avaient été déguerpis de leur lieu d’habitation parce qu’il devait abriter une opération immobilière. Cependant, au bout d’un an les populations expulsées reviennent. », indique Jean-Louis Domergue.

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