Le Gabon expulse encore !

Le Gabon et les étrangers, c’est une longue histoire d’amour. Dernières victimes du gouvernement gabonais : les handicapés physique d’origine nigériane. Ces clandestins, accusés de mendicité, ont été renvoyés manu militari vers le Nigeria.

Le Gabon ne veut pas de clandestins et encore moins de mendiants sur son territoire ! 92 handicapés physiques clandestins, selon Panapress, une vingtaine seulement selon notre source, en ont fait les frais lundi 14 avril 2003. Sous la supervision du Commissariat général à la documentation et à l’immigration (CGDI) du ministère gabonais de l’Intérieur, ils auraient été renvoyés vers le Nigeria, à bord d’un navire ghanéen, le « Living God ».

Ces immigrants seraient responsables depuis une dizaine d’années de la recrudescence de la mendicité au Gabon.  » D’autant plus que le phénomène n’est pas courant. Les Gabonais sont solidaires, ils prennent en charge leurs parents les plus désoeuvrés. Ces mendiants ternissent l’image du Gabon et ont tendance à aborder violemment les passants. Beaucoup de personnes s’en sont plaint, notamment les ressortissants européens « , nous a-t-on rapporté sous couvert d’anonymat. Remarque réfutée par d’autres sources qui estiment que cette population est non-violente. Le Gabon semble procéder à un nettoyage de son image. Après avoir expulsé récemment des clandestins anglophones pour lutter contre l’insécurité, le pays s’attaque aujourd’hui à la mendicité.

Une procédure tout à fait licite

Pour ces aveugles, manchots, estropiés et les enfants qui les auraient accompagnés, le rêve gabonais s’est brusquement achevé. Handicapés, ils seraient utilisés par des réseaux qui leur font miroiter la promesse d’un eldorado au Gabon. « En effet, compte tenu du niveau de vie au Gabon, beaucoup pensent avoir une vie meilleure en arrivant dans ce pays « , constate Jean-Louis Domergue, représentant pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui souligne que  » la mesure reste légale « .

 » Avec les accords de libre circulation des personnes qui existent au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), aucun ressortissant de la sous-région ne peut être renvoyé chez lui si il n’y a pas eu délit. A contrario, il n’existe aucun accord de ce type en Afrique centrale, et encore moins entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Par conséquent il n’y a aucun élément juridique qui empêche cette démarche « , note Jean-Louis Domergue. Pour lui, l’exemple du Sénégal qui a décidé de prendre en charge ses ressortissants expulsés de France – un soulagement psychologique pour ces derniers – et qui par conséquent, reconnaît de façon implicite le caractère licite de la démarche, devrait être suivi.