Le Gabon choisi pour devenir le pôle d’excellence en matière de transformation du bois

Les experts canadiens du réseau des institutions de formation forestière et environnementale d’Afrique centrale (RIFFEAC) et les participants à l’atelier sur la refonte des programmes de formation à l’école nationale des eaux et forêts (ENEF), qui s’est tenu du 24 au 25 octobre dans un hôtel de la place ont choisi le Gabon pour devenir le pôle d’excellence en matière de transformation du bois dans l’espace du bassin du Congo. Une décision qui va certainement permettre de mettre en scelle les industries locales.

(De notre correspondant)

« La décision prise par le chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba d’interdire l’exportation du bois en grumes est assez courageuse. Nous voulons donc soutenir le Gabon dans sa marche vers la création des industries locales de pointe en matière de transformation du bois », a déclaré Denis Durand, directeur général du centre d’enseignement et de recherche en foresterie (CERFO) du Canada, annonçant que le Gabon vient d’être choisi par le RIFFEAC pour devenir le pôle d’excellence dans le domaine de la transformation du bois dans la zone du bassin du Congo.

Pour faciliter la matérialisation de cette décision, le RIFFEAC va participer dans de brefs délais à un projet d’amélioration des infrastructures de l’ENEF et doter cet établissement sous-régional d’équipements techniques adéquats pour les enseignements des sciences du bois. « Nous travaillons également avec les nationaux pour la mise en place de nouveaux programmes techniques et universitaires au sein de cet établissement », a précisé le DG du CERFO.

« Les jeunes de la sous-région et les personnels d’entreprises localisées dans les pays du bassin du Congo viendront au Gabon pour suivre des formations en industrie du bois. Nous ne pourrons pas dupliquer des centres de formations. Ceux qui voudront se spécialiser en exploitation forestière et faune iront au Cameroun, qui va bénéficier également de l’appui du RIFFAEC pour bâtir une école de haut niveau dans ces deux domaines », a souligné pour sa part, Joseph Kingue, expert en transformation du bois et chercheur au CERFO.

L’objectif des responsables du RIFFEAC est d’apporter un appui cognitif et technique aux Etats de la sous-région dans la mise en place de leurs stratégies de développement dans les secteurs d’industrie du bois et de la formation. « Nous souhaitons combler les attentes du Gabon dans ces domaines. La transformation locale du bois doit être optimisée. Ce qui va permettre la création des milliers d’emplois dans des métiers que nous comptons mettre en place », ont indiqué les experts du RIFFEAC.

L’ENEF devrait se transformer en complexe de formation, selon la vision des responsables du réseau des institutions de formation forestière et environnementale d’Afrique centrale, en vue de mieux répondre aux besoins des industries du bois. Il va falloir y mettre en place par exemple des cycles de formation continue pour des employés qui ont débuté leurs carrières en entreprise et sans pré-requis sur leurs métiers et lancer des formations pour les professions de base en industrie, telles que les opérateurs en sciage et en déroulage, les techniciens en maintenance des équipements, spécialisés en hydraulique et en pneumatique et autres métiers en rapport avec la commercialisation du bois.

Les formation dispensées actuellement à l’ENEF ne cadrent pas avec les attentes des entreprises, donc ne peuvent pas permettre le décollage d’une véritable industrie forestière nationale. « La plupart des techniciens de haut niveau rencontrés dans les usines ne sont pas Gabonais », a regretté un expert canadien.