Le Gabon a sa bourse régionale

Libreville a ravi la bourse régionale à Douala. Omar Bongo a profité de l’absence du président camerounais, Paul Biya, au sommet de N’Djamena , pour réussir son coup de poker : récupérer le siège de la bourse régionale.

C’est définitif, le siège de la bourse régionale d’Afrique centrale sera à Libreville. Les efforts diplomatiques du président Omar Bongo ont payé.  » Les atouts économiques sont à Douala mais la dynamique diplomatique était de notre côté. C’est réellement une victoire personnelle du président Bongo « , explique un diplomate gabonais. Honnête, il ajoute que Douala a même prévu un immeuble pour cette institution.  » Je ne vois pas où le siège sera implanté à Libreville. C’est simple, il n’y a pas d’infrastructure programmée à cet effet « .

Cette décision a été prise au cours de la deuxième conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) qui se tenait à N’Djamena, au Tchad.

Ressentiments camerounais

L’étude de faisabilité qui fut confiée à la bourse de l’Ile Maurice, était financée par la Banque mondiale et l’Agence française de développement. Les experts ont recommandé une bourse de valeurs mobilières. En 2003, la bourse devra comprendre la cotation de près de quatre-vingt entreprises, essentiellement camerounaises et gabonaises.  » Le ressentiment des autorités camerounaises est compréhensible. Le tissu économique est à Douala et non à Libreville « , note un diplomate.

 » Le siège de la bourse qui n’est rien de plus que l’immeuble abritant l’ordinateur central devrait se trouver là où les transactions économiques et le tissu industriel sont les plus développés et où (seront issues) le plus nombre de transcriptions. Tout autre choix imposera un fardeau à cette bourse avant le lancement même de ses inscriptions « , souligne André Ryba, expert à la Banque mondiale, au journal camerounais  » Le Patriote « .

La bourse doit être opérationnelle au deuxième semestre 2001. Six pays y seront représentés : le Cameroun, le Gabon, le Tchad, le Congo, la Centrafrique et la Guinée équatoriale.