Le Front national a encore de beaux jours devant lui

Des grandes figures politiques françaises se sont ramassées. Ségolène Royal, malgré le soutien de François Hollande, essuie une défaite annoncée depuis plusieurs jours par tous les instituts de sondage. La droite n’a pas manqué de tirer avec elle François Bayrou dans sa chute. A Hénin-Beaumont, où les feux des projecteurs n’ont été braqués que sur les deux candidats à la présidentielles, ça a été du ni-ni…

Ni Mélenchon, ni Le Pen ! Ici aussi, les candidats les plus médiatiques sont passés à la trappe. Il est vrai, Marine Le Pen, battue à 118 voix près, a suspecté la sincérité du scrutin (sans doute un noir complot contre elle) et a demandé un « recomptage des voix ». Comme Laurent l’Africain. Il n’est pas sûr en revanche qu’Alassane Ouattara lui vienne en aide. Car elle avait défendu la souveraineté ivoirienne face à l’ingérence française et face à l’appel insistant du président Ouattara. Qui pressait la Communauté Internationale, c’est-à-dire la France et Nicolas Sarkozy, d’intervenir.

En France tout devient possible

Au Cameroun, il faut avoir 23 ans pour être éligible. Si Marion Maréchal Le Pen avait été sénégalaise, ivoirienne, algérienne, il lui aurait fallu attendre 3 ans encore (donc 5 ans finalement) pour faire acte de candidature. En Afrique les conditions d’âge sont ce qu’elles sont. Et si dans la plupart des pays africains, la valeur d’une femme n’attend point le nombre de ses années, c’est parce que l’âge et le sexe rendent vaines bien des attentes.

Marion est la députée élue du Vaucluse, une circonscription où elle a d’une certaine façon pu bénéficier du soutien de Catherine Arkilovitch, qui a maintenu sa candidate aux triangulaires, en dépit de la consigne de désistement du Parti Socialiste. Verte, rose, rouge, bleue, bleue marine, la classe politique française est aujourd’hui une famille entièrement recomposée. La nouvelle députée frontiste va représenter au sein de l’hémicycle un nécessaire pouvoir négatif, sans lequel l’UMP, renvoyée à ses chères études, s’embourgeoiserait, au point de négliger la remise en question à laquelle elle se refusait, mais semble à présent astreinte, pour sa propre hygiène.

Pour être si jeune, Marion n’en est pas à son coup d’essai. Il y a deux ans, elle avait perdu les municipales à Saint-Cloud, où elle réside. Elle avait d’ailleurs affirmé à cette occasion qu’une carrière politique ne faisait pas partie de ses objectifs.
Marion Maréchal Le Pen ! C’est très rare ça, dans le milieu politique français les noms kilométriques. On s’y appelle souvent par un seul nom et un seul prénom. Quant au patronyme, on lui surajoute rarement le nom d’un grands-parents. Sauf si naturellement le grands-parents en question s’appelle Jean-Marie Le Pen ! Marion, un prénom qui rappelle Marine (Marine s’appelle en réalité Marion), Le Pen, un nom qui fait bien de la peine à de nombreux Africains. Marion Maréchal Le Pen est surement, par son âge et ses convictions politiques, le symbole le plus éclatant de la « diversité » au Palais Bourbon.

L’offense était grave, les offenseurs sont-ils punis ?

C’est donc le président d’honneur du Front National qui a encouragé sa petite-fille à « laver l’affront » qui lui avait été fait à Carpentras. Où on l’avait soupçonné de profanations de sépultures juives.

A ceux qui doutaient encore qu’il s’agît d’une affaire de famille, la gamine à donné quelques indications claires allant dans ce sens, au soir de sa victoire : “Enfin, Aujourd’hui est effacé l’outrage infligé en 1990 à Jean-Marie Le Pen et le Front National. Justice est faite et l’avenir est désormais à nous ! (…) Et ce n’est qu’un début ! ” Voilà comme qui dirait une bien belle entrée en jouissance. Oubliée l’amertume qui lui avait fait dire qu’une carrière politique ne l’intéressait pas.

Dans son rôle délicat de justicier, cette âme que l’on croyait neuve ne va pas chômer si elle a entrepris de laver tous les affronts faits à son père, qui compte des ennemis en très grand nombre. Et si elle connaît le même succès dans les années à venir, peut-être va-t-elle réussir à “ripoliner” l’image du FN.

La benjamine de la XIVème législature est blonde, grande, avec de jolis yeux pervenche, dans une assemblée poivre et sel de quinquas bedonnants, essentiellement masculins, très à gauche… ça donnerait presque des idées de bizutage, si à ses côtés ne se trouvaient des mâles protecteurs, quinquas (ou sexas) poivre et sel bedonnants (ou presque) : Collard et Bompard !

Mais au fait, Sarkozy, Guéant, Morano, etc. n’avaient-ils pas droit eux aussi à une mention poétique dans les remerciements que la Le Pen de troisième génération (LP3G) a adressés le soir de son élection ?

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