Le footballeur afrocolombien Pablo Armero popularise le bunde pendant le Mondial brésilien

Le joueur colombien exécute une chorégraphie chaque fois que la Colombie marque et il devient populaire au Mondial du Brésil. Il a la danse dans le sang, comme tous les noirs du Pacifique Colombien, et il n’est donc pas étrange de la voir danser avec bonheur chaque fois que son équipe marque un but. Mais cette fois, son spectacle se déroule en plein Mondial , ce qui est en train de rendre Pablo Armero populaire.

Armero, 27 ans, a présenté son bunde samedi dernier lors du premier match de la Colombie face à la Grèce dans le cadre du Mondial de football au Brésil. 5 minutes étaient passées, et le latéral gauche, qui passe régulièrement à l’attaque, est arrivé dans la surface grecque et a inscris le premier des trois buts colombiens.

Même s’il a marqué quelques buts durant sa carrière, ce fut étrange de le voir en inscrire un du pied droit.Jusqu’à présent, il ne l’avait fait qu’une seule fois lorsqu’il évoluait dans le club italien d’ Udinese.

Ses coéquipiers ont couru pour l’embrasser, mais il leur a demandé de ne pas le faire et ils sont allés avec lui dans un coin du terrain. Une fois sur place, il s’est mis à danser le bunde, une danse folklorique qui est née dans le département de Chocó, à l’extrême nord-ouest de la Colombie, et s’est étendu dans les communautés noires qui vivent dans le Pacifique.

Et le bunde s’est rendu jusque dans le port appauvri de Tumaco, dans le département de Nariño (sud-ouest), où le gamin Armero, bien avant d’apprendre à taper dans une balle , voyait déjà ses parents et ses oncles exécuter cette danse avec frénésie.

Le joueur popularisa la danse durant les éliminatoires en Amérique du sud et à la fin de l’an dernier, il fut le protagoniste d’un show très applaudi en plein terrain lorsque la Colombie obtint sa classification pour le Mondial.

Plusieurs de ses coéquipiers ont voulu l’imiter. James Rodríguez, qui a grandi à l’intérieur du pays, spécifiquement dans la zone andine, a échoué dans sa tentative de suivre ses pas. Celui qui l’a le mieux fait, c’ets Juan Guillermo Cuadrado, noir comme lui et né sur la côte caribéenne, dans une région géographiquement proche du littoral du Pacifique où on apprend à danser avant de marcher.

La danse frénétique de « Miñía », surnom que l’on donne aux enfants assez agités dans le Pacifique, avait déjà été popularisé au Brésil lorsque le latéral jouait à Palmeiras, en 2010.

La télévision brésilienne s’occupa du cas à cette époque et alla jusqu’à comparer les habiletés en danse de Armero à celle de sa compatriote Shakira.

Armero a dit avoir presque pleuré d’émotion après avoir inscris le premier but de la Colombie au Mondial et que la première chose à laquelle il a pensé est qu’il devait le célébrer, dans son style habituel, avec le bunde.

« C‘est une danse du Pacifique de Chocó et nous l’adaptons aux chants joyeux  s. Parce que c’est ce que nous sommes, la fête« , indique-t-il.

« Miñía » Armero a essayé cette danse pour la première dois alors qu’il évoluait à América de Cali et il la mit en pratique à Palmeiras, Udinese et Napoli en Italie.

Depuis le début de cette année, le défenseur joue à West Ham United en Angleterre, où il a surement dû faire des efforts pour l’enseigner à ses flegmatiques coéquipiers.

Avant le Mondial, une chaine de télévision colombienne avait organisé un concours pour offrir le maillot de la sélection avec des autographes de l’ensemble des joueurs à la personne qui danserait le  bunde comme Armero.

Le joueur a enregistré une vidéo pour montrer comment il fallait danser, mais la conclusion fut qu’il était plus facile d’imiter ses buts que sa danse.