Le football marocain devient professionnel

La professionnalisation du football marocain fait un grand bond en avant. Grâce aux fonds du gouvernement, la Fédération royale marocaine du ballon rond va pousser le processus d’excellence, entamé en 2000. La mesure, qui doit notamment instaurer la naissance d’un contrat liant le joueur à son club, devrait éviter de départ des sportifs vers des cieux plus juteux.

Les footballeurs marocains seront liés à leurs clubs par un contrat. Une initiative très attendue qui devrait entrer en vigueur dès le début de la saison 2005-2006. En même temps que d’autres mesures, toutes destinées à poursuivre le processus de professionnalisation de ce sport. Cela fait longtemps que la Fédération royale marocaine de football (FRMF) voulait du changement. Mais, faute de moyens, elle n’avait pas vraiment pu passer à l’action. Le salut est arrivé en juin dernier. « Le contrat-programme de mise à niveau du football marocain a déjà été signé le 7 juin 2005 entre le gouvernement, les collectivités locales et la FRMF. La contribution étatique s’élève à 280 millions de dirhams (environ 25 290 000 euros, ndlr) », a expliqué à L’Economiste Ahmed Ammor, Secrétaire général de la FRMF. Une manne très attendue qui devrait avoir de nombreuses retombées positives pour le paysage footballistique marocain.

L’envie de professionnalisation, qui concerne aussi le football féminin, des jeunes et en salle, ne date pas d’hier. « Le processus de professionnalisation a commencé en 2000, avec l’étude et l’adoption du dossier par les instances de la fédération. S’en est suivi la création de clubs d’élite, classés dans un groupement national de football d’élite (GNFE). Nous en avons 16 en première division et 16 en deuxième division. La FRMF a mis en place un championnat d’élite conditionné par un cahier des charges spécifique », explique Horrane Mhamed, Directeur général de la FRMF. L’institution d’une relation contractuelle entre le joueur et le club rentre dans le cadre d’une nouvelle réglementation de la Fédération Internationale de Football (Fifa), relative au statut des joueurs, entrée en vigueur le 1er juillet dernier. « Elle indique qu’un joueur doit être amateur ou professionnel. Dans ce dernier cas, il doit avoir un contrat avec son club et doit percevoir des indemnités supérieures à ses besoins professionnels », précise Horrane Mhamed.

« Entre 15 et 20 » Marocains partent chaque année

Or, auparavant, les joueurs évoluaient sans contrat. Ce qui donnait lieu à de nombreuses dérives. « Les joueurs partaient vers des clubs étrangers à la recherche de meilleures conditions de pratique du sport. Et les clubs marocains ne pouvaient rien faire. Ils perdaient le footballeur qu’ils avaient formé, sans égard ou indemnité. Le nouveau statut de la Fifa permet de préserver les intérêts des clubs. Il permettra de stopper l’hémorragie des joueurs vers l’étranger. Depuis 4 ou 5 ans, de nombreux très bons joueurs marocains sont partis. Entre 15 et 20 chaque année », poursuit le responsable, qui concède que la rémunération importante parfois proposée est aussi un facteur de départ.

Les fonds du gouvernement permettront de donner un coup de jeune aux infrastructures. L’Etat s’est engagé à soutenir la fédération pendant quatre ans pour assurer la construction de centres de formation et de terrains d’entraînement avec une pelouse synthétique. L’argent servira aussi à favoriser la présence d’un personnel technique et administratif au sein des clubs. Pour inaugurer ce nouvel élan, le Maroc va instaurer le premier Championnat National Professionnel. Cette compétition sera réservée aux équipes de la première division du GNFE répondant au cahier des charges.

L’avènement de ce championnat permettra aux clubs d’accéder à de nombreux avantages, dont le financement de la construction d’un Centre de Formation, d’une aire de jeu en gazon artificiel, en plus d’une quote-part sur les produits générés par le sponsoring et la publicité.