Le financement et l’innovation sont critiques pour le maintien des progrès réalisés dans la lutte contre le paludisme

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 16 juillet 2012. Des progrès significatifs ont été accomplis dans l’intensification des efforts de lutte contre le paludisme et l’Alliance des Dirigeants Africains contre le Paludisme (ALMA). Cette alliance, de 43 chefs d’Etat africains et de l’Union Africaine œuvrant pour mettre un terme aux décès liés au paludisme sur le continent, affirme que l’Afrique est plus que jamais préparée à vaincre le paludisme aujourd’hui.

Lors du Sommet de l’Union Africaine, la Présidente Ellen Johnson Sirleaf du Libéria, Présidente de l’ALMA, a déclaré que pour atteindre l’accès universel aux outils vitaux et pour poursuivre l’effort actuel mené pour l’élimination des décès dus au paludisme, nous avons besoin de 3,2 milliards de dollars US supplémentaires au cours des trois prochaines années. « Une partie de ces ressources viendra du continent africain. Nous ne pouvons pas demander au monde d’investir dans la santé de l’Afrique si nous ne sommes pas prêts à faire ce même investissement pour nous-mêmes, mais nous allons avoir besoin de l’aide du monde », a déclaré la Présidente Sirleaf.

Une étude récente commanditée par ALMA, l’envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour le paludisme et le Partenariat Roll Back Malaria, a révélé que chaque dollar investi dans la lutte contre le paludisme en Afrique génère en moyenne 40 dollars dans le PIB du continent. Et la mise à l’échelle des méthodes de prévention comme la couverture universelle en moustiquaires imprégnées, le diagnostic et le traitement du paludisme d’ici la fin de 2015 permettront d’éviter 640 millions de cas et 3 millions de décès liés au paludisme. Les membres de l’ALMA ont souligné la nécessité de renforcer leur gestion financière avec le soutien de la Banque Africaine de Développement et de la Banque Mondiale pour améliorer la responsabilisation et la transparence.

Les pays africains améliorent de plus en plus la mise à disposition des interventions vitales comme les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA), tests de diagnostic rapide (TDR), les pulvérisations intra-domiciliaires (PID) et les moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action (MILDA). Par exemple, en normalisant les spécifications des MILDA, les pays africains pourraient économiser 630 millions de dollars sur une période de cinq ans.

Un autre critère à présent inclus dans la feuille de route de l’ALMA pour la responsabilisation et l’action est le suivi des progrès réalisés pour l’atteinte de l’objectif d’Abuja qui vise l’allocation de 15% du budget national à la santé. Les nouvelles données montrent que malgré les conditions économiques difficiles au niveau mondial, 14 pays africains ont réagi en augmentant leur contribution nationale à la santé de plus de 2%. Ce signe encourageant de la hausse des ressources nationales reflète un engagement continu envers la réalisation des objectifs mondiaux pour la santé. Cependant, il reste encore beaucoup à faire, car seuls le Botswana, le Rwanda, le Togo et la Zambie ont atteint ou dépassé l’objectif d’Abuja.

ALMA continue de promouvoir l’adoption d’initiatives de financement novatrices dans les pays africains, telles que la taxe aérienne UNITAID. Au cours des 5 dernières années, la taxe aérienne a recueilli plus de 2 milliards de dollars dont 1,2 milliards de dollars ont été investis dans la lutte mondiale contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme. Actuellement, six pays africains mettent en œuvre la taxe aérienne et quatorze pays ont entamé le processus.

La poursuite des progrès dans la lutte contre le paludisme n’est pas seulement une question de ressources financières, il s’agit aussi de l’innovation technologique. ALMA a récemment lancé une application iPad qui renforce l’engagement des ministres, facilite la communication et permet un système de réponse rapide aux crises émergentes dans les pays. À ce jour, quarante et quatre ministres africains de la santé ont été formés à l’utilisation de cette application iPad ALMA.

En plus de la technologie, le sport le plus populaire en Afrique rejoint l’équipe du paludisme à travers un nouveau partenariat annoncé entre l’ALMA, la campagne Unis contre le Paludisme (UCP) et la Confédération Africaine de Football (CAF). La CAF a fait du paludisme une cause sociale officielle de la Coupe d’Afrique des Nations 2013 et, ensemble, le partenariat est sur le point d’atteindre des centaines de millions de fans de football africains avec des messages de sensibilisation et prévention du paludisme.

« La CAF reconnaît que pour que le football africain arrive à concourir sur la scène mondiale, nous devons avoir des joueurs et des communautés sans paludisme », a déclaré Issa Hayatou, Président de la CAF. « Grâce à notre partenariat avec ALMA et UCP, autour de cette cause sociale officielle de la CAN 2013, la CAF est fière d’ajouter la voix du leadership du football africain à celui de nos chefs d’État dans la lutte contre cette maladie dévastatrice.»

Source : ALMA 2015