Festival Danses et Continents Noirs, «l’héritage afro-descendant» revalorisé

Le chrorégraphe James Carlès
James Carlès, Chrorégraphe

Le Festival Danses et Continents Noirs prépare sa 24ème édition, prévue du 22 octobre au 16 décembre prochain. Une grande première à Toulouse de cet évènement dont l’objectif est de participer au rayonnement culturel.

Depuis 30 ans, le Festival Danses et Continents Noirs travaille sur le patrimoine de la danse moderne, contemporaine, urbaine. Et particulièrement sur des productions chorégraphiques de la diaspora africaine en Occident dans les champs scénique et social, du 19ème siècle à nos jours, confie à Afrik.com James Carlès, directeur du Festival.

Selon notre interlocuteur, la recherche est chorégraphique (théories, concepts et méthodologies clés) et politique (discours, géopolitique, systèmes de domination). Ce travail, dit-il, alimente un processus de création, de reconstruction et de transmission de l’histoire de l’art chorégraphique.

Entretien

Afrik.com : Qu’est-ce qui a motivé la création de ce festival ?

James Carlès : Le festival est né de la volonté de donner de la visibilité aux formes de danses et propositions artistiques venant de l’héritage afro-descendant non reconnues institutionnellement mais présentes socialement.

Pourquoi l’appellation « Danses et Continents Noirs ? »

Ce nom entend faire référence au concept même du festival qui met en valeur des savoirs de l’Afrique et sa diaspora qui enrichissent notre réflexion sur le monde contemporain.

Quel objectif visez-vous à travers la tenue de ce festival ?

L’objectif de l’évènement est de recréer le patrimoine et de faire prendre conscience du patrimoine commun historique social en France, ancré dans la réalité française et européenne. Il s’agit, par-là, de repenser les racines communes et de légitimer les présences territoriales non reconnues.

« Nous interrogerons la façon dont nous nous approprions les héritages de nos histoires sociales, politiques et culturelles. Mais aussi comment elles conditionnent nos regards sur les discriminations dans les arts et les pensées aujourd’hui »

Pourquoi avoir intégré des talents du football comme Djibril Cissé ?

Le choix d’intégrer des talents du football comme Djibril Cissé s’explique par le fait qu’il est vecteur des danses nouvelles urbaines mondialisées et ambassadeur de l’afrodance.

A part Djibril Cissé, y a-t-il d’autres personnalités conviées à l’évènement ?

Est également convié Jean Charles Coovi Gomez, égyptologue, philosophe et historien. Il est spécialisé dans l’étude des relations culturelles entre les civilisations anciennes de la vallée du Nil et celles du golfe du Bénin. Il est également le directeur de l’Institut d’Égyptologie et des Civilisations Africaines. Aussi, il est le coordinateur de l’Association Internationale des Savants Kemitologues.

Lire : Retour sur le Festival Montpellier Danse

Enfin, nous recevrons aussi Yogi Babacar Khane, docteur en ostéopathie et en chiropraxie et spécialiste mondial du Yoga Égyptien. Maître en hatha-yoga, il adepte du kriya-yoga et disciple de Paramahansa Yogananda. Il a mis au point une pédagogie associant trois disciplines : le hatha-yoga de l’Inde, les styles internes du kung-fu, le yoga de l’Égypte ancienne.

Quelles est la particularité de cette édition ?

Cette édition portera entre autres sur le thème des transmodernités, droits culturels et décolonialités. Elle s’attachera à restituer les démarches propres aussi bien aux danses et musiques urbaines qu’aux autres arts et pensées de la scène contemporaine. Nous interrogerons la façon dont nous nous approprions les héritages de nos histoires sociales, politiques et culturelles. Mais aussi comment elles conditionnent nos regards sur les discriminations dans les arts et les pensées aujourd’hui.

« Un fait marquant a sans nul doute été la venue de Meiway en 2019, à l’ouverture des musiques populaires africaines en Europe. Elle a été surprenante car elle a fait venir un public non habituel au festival »

Quelles sont les difficultés rencontrées tout au long de la mise en place de ce festival ?

Les principales difficultés rencontrées ont été d’ordre institutionnel et financier. En effet, le public a très vite adhéré au projet en général à l’inverse des institutions, ne comprenant pas la démarche.

Une de vos plus grosses satisfactions… des projets ?

Notre plus grande satisfaction a été la reconnaissance du projet par les institutions ayant permis des partenariats internationaux. Un de nos projets, c’est qu’à l’avenir, nous souhaiterions diffuser nos pièces dans notre théâtre en construction, en tant que lieu propre et identifié à notre projet.

Un fait qui a marqué ce festival…

Un fait marquant a sans nul doute été la venue de Meiway en 2019, à l’ouverture des musiques populaires africaines en Europe. Elle a été surprenante car elle a fait venir un public non habituel au festival. Ce qui colle à notre objectif de faire connaître le festival au plus grand nombre.

Festival Danses et Coninents Noirs
Festival Danses et Continents Noirs