Le Dogon blues de Sorry Bamba

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Après une longue absence, le chanteur malien Sorry Bamba, véritable icône dans son pays, est de retour sur la scène musicale. Avec Dogon blues (Universal, 2010), il propose un album métissé alliant sonorités modernes et traditionnelles. Très engagé, l’auteur y lance un message d’amour et de paix, dans 12 titres hauts en couleurs et musicalement aboutis.

Avec Dogon blues, Sorry Bamba signe un grand retour sous le signe des origines. Dogon est la région du Mali où l’artiste fait ses premiers pas en tant que talibé – l’un de ces enfants élevés par des marabouts leur enseignant le Coran. Il est adopté par les habitants de cette région qui l’initient à la musique et l’imprègnent de leur culture. A l’âge adulte, les chefs Dogons le désignent en tant que représentant officiel de leur musique sur la scène internationale. Et Sorry Bamba adapte cette musique très traditionnelle aux sonorités modernes du jazz.

Un ambassadeur de la culture Dogon

Né de parents dioula et peul, Sorry Bamba n’hésite pas à marier les cultures. Un métissage qui s’entend dans ses chansons. « Petit, j’adorais écouter la musique noire américaine, qui m’a beaucoup influencé. Le jazz ressemble beaucoup à la musique de l’Afrique de l’Ouest, avec nos musiques traditionnelles on peut faire des arrangements pour avoir un rendu original.» Sorry Bamba a aujourd’hui pour objectif de faire connaître la musique Dogon sur la scène internationale. « Il y a dix ans, j’ai effectué une tournée dans la ville de Nantes, notamment en Espagne, et au Japon. A ce moment-là, la musique que je produisais était uniquement traditionnelle avec des instruments comme le balafon ou la kora. Dans Dogon blues, les sonorités sont très modernes, j’ai arrangé et composé toute la musique seul, mais je laisse la liberté à mes musiciens de faire leurs solos », explique-t-il.

Le « Dogon blues » pour transmettre un message

Dogon, bambara, peul, français, anglais, c’est à travers toutes ces langues que Sorry Bamba transmet son message. « Je voudrais que tout le monde puisse écouter et comprendre cet album, que l’on soit jeune ou vieux », confie-t-il. Il a choisi le terme « Blues » pour désigner ses souffrances: « Le blues est un état d’esprit. Dans cet album j’exprime le blues de ma vie, mes souffrances lorsque je n’avais pas de producteurs pour produire une musique qui me plaît. J’ai continué à travailler ma musique durant mes années d’absences sur la scène musicale jusqu’à ce qu’Universal accepte de me produire. Le problème en Afrique, c’est qu’il y a très peu de producteurs et peu de moyens pour produire un album ».

sorry_bamba.jpgC’est un message fort que l’auteur transmet à travers ce disque. Avec la chanson « Sahel vert » il évoque notamment son inquiétude sur les sécheresses du Sahel et invite le monde à se mobiliser. « Aujourd’hui si tu n’a pas d’argent, tu n’es rien », « à bas les mines anti-personnelles ! », des paroles qui reviennent dans la dernière chanson du disque. Traduites aussi en anglais, l’auteur y exprime son engagement contre les armes et l’importance exagérée que les hommes accordent à l’argent. Avec cet album Sorry Bamba n’a pas fini d’étonner la scène internationale. Les Américains ont déjà décidé de regrouper, pour 2011, toutes ses précédentes chansons sur un album.

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