Le dialogue congolais avorte

Gouvernement et rebelles congolais n’arrivent pas à se mettre d’accord sur un calendrier de négociations. Kinshasa évoque des raisons financières pour reporter le sommet d’Addis Abeba. L’opposition armée crie au scandale.

Le principal mouvement rebelle en République démocratique du Congo, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) entend bien se présenter à Addis Abeba le 15 octobre prochain. Il rejette l’éventualité d’un report du dialogue intercongolais. Le RCD veut faire du sommet éthiopien un premier pas vers des  » négociations sérieuses « . Le RCD, soutenu par le Rwanda, contrôle l’est du pays et veut arriver très vite à un partage officiel du pouvoir avec Kinshasa.

Mais le gouvernement avance des difficultés financières pour faire d’Addis Abeba une  » réunion technique  » qui permettrait de fixer un autre calendrier.  » Joseph Kabila sait que le temps joue pour lui. Ses adversaires lui forcent la main car ils ont peur que leurs protecteurs, l’Ouganda et le Rwanda, les laissent tomber et se trouveront ainsi sans moyens de pression « , analyse un diplomate occidental.

Les Maï-Maï et la paix

Considérés comme des guerriers hors pair, les Maï-Maï sont courtisés par toutes les parties du conflit.  » Ces derniers temps, on dirait qu’ils ont fait une alliance avec Kinshasa car ils mènent une guérilla terrible contre le mouvement de Bemba, le RDC. Ils font des incursions militaires à l’Est qui déstabilisent l’économie chancelante de cette région « , explique un chargé d’affaires, installé dans la capitale congolaise.

4 millions de dollars. L’ancien président botswanais Ketumile Masire, médiateur du conflit, propose aux participants, faute d’avoir réuni les moyens financiers nécessaires pour la réunion d’Addis Abeba, de n’envoyer au total que 70 participants pour la session d’ouverture du dialogue, assurant que les autres pourraient rejoindre le processus par la suite. A Gaborone, en août dernier, ils étaient 320 . Le dialogue intercongolais est le volet politique du processus de paix initié par l’accord de cessez-le-feu signé à Lusaka à l’été 1999, mais jamais respecté depuis.