
Engagé dans une vaste entreprise de transformation de sa métropole phare, le gouvernement ivoirien intensifie ses actions pour restaurer l’ordre urbain. Le mercredi 15 avril 2026 a été marqué par la défense du bilan du Ministre-Gouverneur Ibrahim Cissé Bacongo et l’accélération des projets de modernisation de la capitale économique. Entre déguerpissements nécessaires et chantiers d’envergure, le bilan à mi-parcours de l’année dessine les contours d’une « Perle des Lagunes » en pleine mutation.
C’est une course contre la montre que mènent les autorités ivoiriennes. Alors qu’Abidjan continue de s’étendre à un rythme effréné, le gouvernement a placé la « restauration de l’ordre urbain » au sommet de ses priorités. Le mercredi 15 avril 2026, lors d’une rencontre stratégique, le Ministre-Gouverneur Ibrahim Cissé Bacongo a fermement défendu son bilan, rappelant que l’assainissement de la ville est le socle indispensable d’un développement structuré, capable de soutenir les ambitions de croissance du pays.
Restauration de l’ordre urbain à Abidjan : déguerpissements et embellissement
Depuis le début de l’année, les opérations de libération des emprises publiques se sont multipliées. Des zones critiques, autrefois occupées par des installations précaires ou des commerces informels entravant la circulation, ont été libérées, notamment dans la commune de Port-Bouët. Ibrahim Cissé Bacongo a souligné que ces mesures, bien que parfois impopulaires, sont la condition sine qua non pour assurer la fluidité du trafic et la sécurité des populations face aux risques accrus d’inondations.
L’accent est désormais mis sur le suivi et l’embellissement. « Il ne s’agit plus seulement de déguerpir, mais de pérenniser », confie une source au ministère de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité. Le nouveau programme de ravalement des façades des immeubles longeant les grandes artères, annoncé ce jour, témoigne de cette volonté de ne plus laisser le désordre esthétique s’installer à nouveau.
Métro d’Abidjan et BRT : Les grands chantiers d’infrastructures de 2026
La modernisation de la capitale ne se limite pas à la répression de l’occupation illégale. Elle s’appuie sur une accélération sans précédent des chantiers structurants :
- le Métro d’Abidjan : les travaux de la Ligne 1 progressent visiblement. Prévu pour une livraison complète fin 2028, ce projet promet de révolutionner la mobilité en réduisant la dépendance aux transports artisanaux souvent pointés du doigt pour leur indiscipline.
- la mobilité durable : les travaux du Bus Rapide Transit (BRT) s’accélèrent sur les axes nord-sud, visant à offrir une alternative de transport moderne et écologique.
- les ouvrages d’art : les nouveaux échangeurs dans les communes de Cocody et de Yopougon, désormais opérationnels, commencent à désengorger des axes stratégiques, facilitant ainsi les flux économiques vitaux.
Le défi majeur reste cependant l’accompagnement social. La destruction de commerces informels touche des milliers de familles dont l’économie dépend de la rue. Pour y répondre, le Ministre-Gouverneur a mis en avant le déploiement d’étals métalliques couverts et la création de marchés de proximité modernes pour réorganiser l’activité commerciale sans l’étouffer.
Le défi de l’accompagnement social
Pour réussir ce pari, les autorités misent sur une sensibilisation accrue. L’idée est de passer d’une gestion réactive à une véritable culture du civisme urbain. Comme le souligne un urbaniste local : « La route et le trottoir doivent retrouver leur fonction première. C’est à ce prix qu’Abidjan sera véritablement une métropole mondiale. »
Alors que le bilan se poursuit en ce mois d’avril 2026, l’enjeu des prochains mois sera de maintenir cette rigueur tout en offrant des alternatives viables. La modernisation d’Abidjan avance à pas de géant, mais elle repose sur un équilibre fragile entre l’autorité de l’État, l’exigence de modernité et la réalité sociale quotidienne des habitants.




