Le cuir africain travaille

Le Centre pour le Développement des Entreprises (CDE) a organisé, ce week-end, une rencontre des professionnels du cuir à Dakar. Les industriels du cuir et les producteurs de peaux brutes ont dressé le bilan, peu reluisant, de leur secteur.

L’industrie africaine du cuir bute sur l’insuffisance des débouchés, tel est le constat du séminaire organisé par le Centre pour le développement des entreprises (CDE), ce week-end, à Dakar.  » Il faut contribuer à discipliner le commerce international et éviter ainsi de subir des conditions commerciales qui sont imposées par d’autres. Les restrictions aux exportations de cuir et peaux brutes, à travers le monde, entravent l’accès aux matières premières et aux marchés du cuir « , affirme Gustavo Gonzalez-Quijano, responsable de cette rencontre. Pour lui, l’Afrique se doit d’être présente et associée à l’objectif d’un nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales.

Un savoir-faire très payant

 » En Tunisie, les exportations de cuir et de chaussures ont rapporté, en 1999, 221 milliards de FCFA (1 FF = 100 FCFA), tandis qu’au Mali, avec le double de la production de cuir et de peaux brutes, les exportations n’ont généré que 3 milliards de FCFA « , révèle le président des professionnels des cuirs et peaux de l’Afrique de l’ouest, le Malien Ibrahima Diané. Il s’agit aussi d’offrir aux opérateurs de la région d’Afrique occidentale francophone des opportunités d’échanges d’expériences avec les professionnels du secteur cuir et peaux de l’Union Européenne.

Actuellement, la mauvaise qualité des cuirs et peaux, le faible niveau de transformation et l’insuffisance d’organisation des professionnels sont un obstacle pour l’essor de cette industrie. » Nous avons voulu faire bénéficier ces opérateurs de l’expérience de partenaires européens « , souligne Sébastiao Ditutala, coordonnateur pour le Sénégal au niveau du CDE. Les professionnels ont insisté sur la nécessité des échanges Nord-Sud pour développer le savoir-faire dans ce domaine.

Avec un objectif : que la qualité des produits exportés et une meilleure maîtrise des filières de distribution permettent aux pays d’Afrique subsaharienne de profiter pleinement de leur production et qu’ils ne soient plus simplement fournisseurs de matière première pour les maroquiniers du reste du monde…