Le cri de détresse de Mugabe

Il n’en peut plus de voir perdurer l’embargo contre son pays. Robert Mugabe a encore demandé à ce que la sanction sur le Zimbabwe soit levée. C’était vendredi, à Harare, devant les ambassadeurs européens, notamment français, hollandais et danois.

La dernière fois que le Président zimbabwéen s’est adressé aux Occidentaux, c’était pour les traiter de « gens vils dont nous pleurer la turpitude morale ». En effet, ce jour, jeudi 22 août dernier, lors de s cérémonie d’investiture, après une éclatante et surprenante victoire aux élections générales du 31 juillet, Mugabe s’en prenait vertement aux Occidentaux qui avaient fustigé le scrutin.

« Quant aux quelques pays occidentaux qui peuvent avoir une vision différente, négative, de notre processus électoral et de ses résultats, eh bien, il n’y a pas grand-chose que nous puissions faire pour eux. Nous les rejetons comme des gens vils dont nous devons pleurer la turpitude morale (…) ». Une sortie assez salée. Habitué à ses déclarations fracassantes, Mugabe a encore remis ça vendredi, mais en mettant la pédale douce cette fois. Il appelle les Occidentaux à lever les sanctions contre son pays, tout en précisant que ce ne sont pas leurs femmes qu’il veut.

« Je ne veux pas visiter la France dans un but romantique. Je ne veux pas vos femmes. Je veux développer les relations entre nous. La France peut-elle faire une introspection nationale pour voir si c’est juste de continuer la politique de sanctions contre le Zimbabwe ? Nous devons regarder l’avenir et nous avons besoin que les sanctions prennent fin. Laissez venir nos fleurs aux Pays-Bas, laissez venir nos légumes au Danemark. Nous voulons la levée des sanctions économiques pour exporter notre bœuf en Europe », a laissé entendre le Président Zimbabwéen, visiblement dépité par cette sanction prise par l’Union européenne et les Etats-Unis depuis 2002. A 89 ans, Robert Mugabe est au pouvoir depuis 33 ans.