Le coup d’Etat enflamme le cacao

Les cours du cacao s’envolent depuis jeudi. La tentative de coup d’Etat en Côte d’Ivoire laisse présager un ralentissement de la production, à l’orée de la période de récolte. L’instabilité politique du premier producteur mondial gonfle des cours déjà exceptionnellement élevés. L’année 2002 aura été faste pour les agriculteurs.

Paradoxalement, la tentative de coup d’Etat qui secoue la Côte d’Ivoire depuis jeudi pourrait bien avoir des répercussions économiques très positives pour le pays. Surfant déjà à un taux inégalé ces derniers mois, le cours du cacao s’envole. A la bourse de Londres, il a atteint jusqu’à 1 490 livres la tonne – son cours le plus haut depuis 15 ans – alors qu’il ne s’échangeait qu’à 1 455 livres la tonne la veille. A la clôture, l’effet  » coup d’Etat  » était un peu retombé, autour de 1473 livres. Même mouvement à New-York, où le prix de la tonne de cacao s’est stabilisé à 2 096 dollars après avoir grimpé jusqu’à 2 110 dollars.

Spéculation sur l’instabilité

Si cette tendance se confirme, l’année 2002 aura été une année faste pour les producteurs de cacao ivoiriens. La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial. La dernière récolte (septembre-février) s’est avérée bien moins importante que ne l’espérait le marché, faisant grimper les cours de façon exceptionnelle. Loin derrière la production record de 1999, elle n’avait pas dépassé les 850 000 tonnes. Résultat : le prix du cacao a pratiquement triplé en deux ans.

L’instabilité politique dont témoignent les événements en Côte d’Ivoire fait craindre aux analystes un ralentissement de la production dans la récolte à venir. Si, dans cette logique, certains se mettaient à spéculer en prévision d’une pénurie, les cours pourraient s’emballer très rapidement. Une manne dont la Côte d’Ivoire – pour qui le cacao représente 40% du PIB – et le Ghana, deuxième producteur mondial, ne pourraient que se réjouir.