Le Coton brûle à Cotonou

Le magasin de stockage de coton de la société Saga au port Autonome de Cotonou (Pac) a été entièrement consumé par le feu mardi dernier. 4 000 tonnes de coton parties en fumée. C’est le troisième incendie d’entrepôts de coton en un mois dans la capitale économique béninoise.

Triste coïncidence dans la métropole économique béninoise. Pendant que le directeur général de l’Organisation mondiale de Commerce (OMC) expliquait, au Centre International de Cotonou, les subtilités du commerce du coton aux participants à la 12ème conférence ministérielle des Pays les moins avancés (PMA), un incendie dévastait à quelques mètres de là une bonne partie de la production cotonnière. 4 000 tonnes de balles de coton destinées au commerce international dévorées par le feu sous le regard impuissant des sapeurs pompiers. Un manque à gagner énorme pour la société Saga, propriétaire de l’entrepôt et pour l’économie béninoise.

Concurrence déloyale

De bien meilleure qualité que celui produit par les Américains, le coton africain patauge pourtant sur le marché international. Son prix ne cesse de chuter. Il est soumis à une concurrence  » déloyale  » de l’Europe et des Etats Unis. En violation complète des règles de l’OMC, ces derniers subventionnent massivement leurs producteurs. Selon un haut responsable du ministère Béninois de l’économie, la subvention américaine à ses producteurs dépasse le prix de vente du kilogramme de coton africain sur le marché. Avec cette donne, il est quasiment impossible, sauf à la brader, d’écouler la production africaine.

En deux ans, le prix du coton est tombé de moitié. Il est passé de 82 cents la livre en 2000 à 40 cents environ en 2002. Une situation qui inquiète les acteurs africains de la fibre blanche. Le coton nourrit près de 10 millions de personnes en Afrique de l’Ouest et fait brasser plus de 650 milliards de francs cfa (990 918 000 euros).