Le Commonwealth : de l’anglais et des valeurs communes

Les chefs d’Etat et de gouvernement du Commonwealth, chaperonnés par le reine Elizabeth II, ont entamé ce vendredi trois jours de discussions à huis clos à Kampala, la capitale ougandaise. L’occasion de revenir sur la raison d’être de cette association qui compte en son sein 18 Etats africains.

L’Ouganda accueille à compter de ce vendredi le sommet du Commonwealth, association regroupant les chefs d’Etat et de gouvernement de 53 pays, dont 18 Etats africains, autour d’Elizabeth II, reine d’Angleterre. « Transformer les sociétés du Commonwealth pour réaliser le développement politique, économique et humain » est le thème sur lequel plancheront à huis clos les membres de l’organisation durant trois jours à Kampala, la capitale ougandaise. Le Néo-Zélandais Donald C. McKinnon est l’actuel secrétaire général du Commonwealth, une organisation dont l’équivalent pourrait être, sous certains aspects, l’Organisation internationale de la Francophonie. A quoi sert donc cette association qui regroupe deux milliards de citoyens, soit 30% de la population mondiale ?

L’expression d’un lien indéfectible entre la Grande-Bretagne et ses ses anciennes colonies

Tout commence en 1931. La Grande-Bretagne, qui ne peut plus subvenir aux besoins de son empire, décide de réunir ses colonies et ses protectorats devenus indépendants, sous le nom de « British Commonwealth of Nations ». Cette association de pays prend sa forme moderne en 1946, à la suite de l’émergence de mouvements indépendantistes dans les territoires assujettis. L’indépendance de l’Inde sera d’ailleurs un déclic. L’empire démantelé, l’adjectif « britannique » disparaît de l’intitulé de l’organisation, qui devient le « Commonwealth of Nations ». La reine d’Angleterre n’est plus nécessairement le Chef d’Etat des pays membres, mais demeure le chef du Commonwealth et constitue le symbole de l’association entre les Etats.

En 1950, l’organisation ne comptait que dix membres. Les premiers sont le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud qui sera exclue de 1961 à 1994 pour cause d’Apartheid. C’est dans les années 60, au moment de la décolonisation sur les continents africain et asiatique, que le Commonwealth s’élargit. Les pays membres ne sont liés par aucun traité mais par une communauté de valeurs.

Une communauté de valeurs et d’intérêts

Tous les deux ans, des sommets réunissent les chefs de gouvernement du Commonwealth. A cette occasion, les participants se concertent sur les grandes questions politiques, économiques et sociales. Avant 1971, toutes les réunions se tenaient à Londres. Depuis, chaque pays membre est tour à tour l’hôte du sommet et son chef de gouvernement en assure la présidence. L’Ouganda acceuille son premier sommet.
S’il ne dispose pas d’une Constitution, le Commonwealth repose sur la déclaration de Harare adoptée en 1971 à Singapour. Selon ces principes, les Etats membres doivent promouvoir les droits à la personne, à l’éthique démocratique, à l’égalité des sexes, au développement durable et à la protection de l’environnement. Le non-respect des principes du Commonwealth peut entraîner la suspension d’un Etat membre, comme c’est le cas en ce moment avec le Pakistan qui a été exclu en raison de l’état d’urgence instauré par le président Pervez Musharaff. Ce pays rejoint le Nigeria, suspendu en 1995, et le Zibmbabwe exclu en 2002.

Les Etats membres du Commonwealth bénéficient d’un réseau d’organismes regroupant des associations juridiques et médicales, des universités, des parlementaires ou encore des organisations médiatiques et sportives. Par ailleurs, le Commonwealth contribue de façon significative au progrès social et économique de ses membres avec la création du Fonds du Commonwealth pour la coopération technique (CFTC) qui vient en aide aux gouvernements en difficulté.

C’est la deuxième fois que la reine d’Angleterre est accueillie en terre ougandaise. Kampala a même débarassé son centre-ville des travailleuses du sexe pour ne pas « embarasser » ses hôtes.
A l’ouverture du sommet, la Grande-Bretagne s’est dite favorable à la demande d’adhésion du Rwanda. Ce sommet de Kampala fera également date dans la vie du Commonwealth, car c’est la première fois que le prince Charles, héritier du trône britannique, assiste à cette rencontre.