Le chef de la junte serait en fuite

Privé du soutien de l’armée et confronté à la détermination des manifestants, le général Gueï aurait quitté la palais présidentiel vers une destination inconnue (Paris-14h00).

Le général Gueï serait en fuite. Il aurait quitté le palais présidentiel à bord d’un hélicoptère en direction d’une base aérienne, a annoncé le ministre des Affaires étrangères français, Hubert Védrine. Les spéculations vont bon train sur la destination future du chef de la junte. Le nom de Cotonou a été plusieurs fois évoqué alors que le chef de la garde présidentielle, Laurent Boka-Yapi, a demandé à ses « hommes de cesser le combat ».

Dans la matinée, le capitaine de frégate Henri Sama, ministre de la Communication, a déclaré qu’il quittait la junte ivoirienne et reconnaissait la victoire de Laurent Gbagbo à l’élection présidentielle. L’annonce a été faite au moment où, selon l’AFP, des « dizaines de milliers  » de manifestants convergeaient vers le quartier du Plateau, bravant l’état d’urgence proclamé par le général Gueï. Pour le chef de la junte, autoproclamé « premier président de la seconde République » mardi soir, cette défection peut s’apparenter à un coup de grâce. On apprenait imméditament après que la gendarmerie s’était ralliée aux manifestants. Enfin, selon des témoins, le siège de la télévision serait tombé aux mains de Gbagbo.

L’armée a lâché Gueï.

On en a eu la confirmation dans la nuit de mardi à mercredi, alors qu’un bataillon militaire attaquait les positions des milices pro-Gueï à Akouédo. Le revirement de Sama est particulièrement significatif. Le ministre avait annoncé, lundi 23 octobre après-midi, que « rira bien qui rira le dernier » et annonçait la victoire du général Gueï en dépit des premiers résultats électoraux.

Economie exsangue

Outre la mobilisation des partisans de Laurent Gbagbo et la détermination de ce dernier, il semble que l’attitude de fermeté de la France, de l’Union européenne et des Etats-Unis ait également joué son rôle dans le légalisme des forces armées. La plupart des observateurs soupçonnent le général Gueï d’avoir beaucoup promis à l’armée depuis le putsch de Noël dernier. L’économie de la Côte d’Ivoire est actuellement exsangue du fait de l’absence du soutien financier des pays du Nord – soutien interrompu à la suite du putsch.

S’il conservait le pouvoir, le général Gueï ne serait certainement pas à même d’honorer les « engagements » pris auprès des militaires qui l’accompagnent.

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