Le chef de l’Etat burundais se prononce sur le putsch manqué

Le chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza, est sorti jeudi d’un long mutisme, trois semaines après l’annonce
d’une tentative de coup de force avortée.

Le président Nkurunziza a lancé un message à la nation par la voie des ondes depuis sa région natale de Ngozi, dans le nord du Burundi, où il s’est replié au lendemain de l’annonce du coup d’Etat, début août.

Huit personnalités politico-militaires sont pour le moment, sous les verrous et le président Nkurunziza a encouragé la justice à poursuivre sereinement son travail d’investigation jusqu’à démasquer et punir « sévèrement » les coupables dans les limites des lois de la République.

Le chef de l’Etat a, par ailleurs, demandé avec insistance aux autres présumés putschistes qui ont fui pour échapper à la justice de se manifester et de répondre devant la justice des charges qui pèsent sur eux.

Le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Karenga Ramadhan, a indiqué récemment qu’une quinzaine de personnes étaient impliquées dans cette tentative de coup d’Etat.

Dans son message à la Nation, le président Nkurunziza a
sévèrement mis en garde contre certains médias qui se comportent en tribunaux pour laver de tout soupçon les auteurs présumés de la tentative de putsch, entravant ainsi l’action de la justice.

On rappelle que, pour la première fois depuis leur incarcération, trois des huit détenus qui affirment avoir subi de sérieuses tortures physiques dans les cachots de la documentation nationale, une police présidentielle du renseignement, ont eu droit à une visite médicale en ville sous bonne escorte policière.

Parmi eux figure l’ancien vice-président de la République,
Alphonse Kadege qui marchait difficilement en boitant dans ses pantoufles. Les avocats de la défense ont produit jeudi devant la presse des photos attestant de blessures physiques qui auraient été infligées à leur client en détention préventive.