Le capitaine Ould Dah est retourné sans autorisation en Mauritanie

Accusé de tortures, il était sous contrôle judiciaire en France. Il bénéficiera de l’amnistie votée à Nouakchott pour les événements de 1989 à 1992.

Me Luc Abratkiewicz, l’un des avocats du capitaine Ely Ould Dah, a déclaré que c’est  » sans avoir sollicité l’autorisation des autorités judiciaires françaises  » que son client a regagné cette semaine la Mauritanie, son pays d’origine.

Le capitaine Ould Dah suivait un stage d’instruction militaire à Montpellier, dans le sud-est de la France, lorsqu’il a été arrêté, en juillet 1999, par la justice française et emprisonné pendant trois mois. Suite à des plaintes d’organisation de défense des droits de l’homme, il lui était reproché d’avoir torturé, en 1991, deux militaires négro-mauritaniens soupçonnés d’une tentative de coup d’Etat. Le capitaine Ould Dah était, depuis septembre, en liberté provisoire dans l’attente de son procès pour  » trouble à l’ordre public national et international à caractère raciste.  »

La Mauritanie, pour sa part, avait demandé l’acquittement du militaire, arguant notamment de l’amnistie votée par le Parlement mauritanien en 1993 et couvrant les faits criminels de la période de 1989 à 1992, qui couvrait la tentative de coup d’Etat. Les relations franco-mauritaniennes ont été affectées par l’affaire : gel de la coopération, rappel des stagiaires militaires et imposition d’un visa pour les Français souhaitant se rendre dans le pays.

Le capitaine Ould Dah n’est pas apparu publiquement depuis son retour sur sa terre natale. La télévision mauritanienne a montré des images de lui en train de téléphoner, cependant que le présentateur du journal télévisé annonçait que Ould Dah se trouvait  » fort heureusement sur le territoire national. «