Le cannabis comme médicament

Au moment où de plus en plus d’Etats du monde réfléchissent à une légalisation du cannabis, l’Angleterre rigoriste révèle qu’elle a un train d’avance, puisqu’on y trouve déjà depuis 1998 un médicament à base de cannabis, le Stativex, pour soulager la douleur des patients atteints de sclérose en plaques.

Le Stativex est produit par un laboratoire britannique, GW Pharmaceuticals, qui doit soulager les patients atteints de sclérose en plaques. Le cannabis est produit en Angleterre même, dans des serres spécialement aménagées, qui permettent au laboratoire de réaliser 6 récoltes par an, pour plus de 20 tonnes produites, dans un endroit tenu secret.

Le cannabis, également appelé « chanvre » fut très largement utilisé au cours de l’histoire. Il côtoie l’être humain depuis le Néolithique. Il a toutefois été peu à peu fortement réglementé ou même interdit au cours du XXe siècle, en raison de ses propriétés psychotropes et des effets du cannabis sur la santé. La culture du chanvre agricole connaît un rebond dans les années 1970 avec l’augmentation du prix du pétrole, favorisée également par l’émergence de nouveaux débouchés et la prise de conscience environnementale.

La carrière de ce médicament à base de cannabis vendu depuis 1998 en Angleterre ne fait que commencer, puisqu’en France même le Ministère de la Santé a annoncé, ce 9 janvier, son autorisation de mise sur le marché (AMM) par l’Agence nationale de sécurité du médicament. La France ne fait que suivre 17 pays européens et 22 pays dans le monde, qui l’ont déjà adopté.

Reste la difficile question de sa prescription (sera-t-elle limitée aux seuls malades atteints de sclérose en plaques?) et du prix de ce traitement. En Angleterre, c’est en effet un vrai business pour le laboratoire qui le commercialise. Le traitement coûte là-bas autour de 200 euros par mois. Le groupe, créé à cet effet il y a 5 ans, affiche aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus de 33 millions d’euros.

Et subsiste encore une dernière question, sur toutes les lèvres : qu’en pense Manuel Valls?