Le Cameroun veut retrouver sa place dans le coeur des touristes

Confronté à une fréquentation touristique en baisse régulière depuis quelques années, le Cameroun investit et se fixe des objectifs ambitieux.

Le Cameroun, c’est  » l’Afrique en miniature « , assure le grand géographe français Jean-Claude Bruneau à l’issue d’une description émerveillée, publiée sur le site de l’ambassade de France au Cameroun. Mais si beau qu’il soit, si captivante que soit  » la mosaïque des peuples  » et des civilisations vivant sur son sol, le pays peine à attirer les touristes. Les pouvoirs publics semblent décidés à inverser la tendance.

Dans la province du Centre, c’est le gouverneur, M. Siegfried Etamè Massoma, qui vient de déplorer  » les résultats modestes « . La vaste région autour de Yaoundé n’a reçu que 92 189 visiteurs l’année dernière, malgré des infrastructures en progrès, expliquait mercredi le gouverneur, dont les propos ont été rapportés par Cameroon Tribune. Encore ce nombre aurait-il sans doute été très inférieur si l’on n’avait comptabilisé que le tourisme d’agrément. En effet, comme l’explique Robert Tchabda, directeur à Paris du tout nouvel Office de tourisme national camerounais pour l’Europe,  » la province du Centre concentre surtout un tourisme d’affaires. Les attractions balnéaires sont l’apanage du Sud, tandis que le tourisme cynégétique se situe au Nord, dans les réserves.  »

Objectif : 500 000 touristes

Selon les chiffres du ministère, le Cameroun ne recevrait, bon an mal an, qu’un peu plus de 80 000 touristes contre 135 000 en 1986. En cause, la cherté de cette destination, en particulier si on la compare au Sénégal et à la Côte d’Ivoire. Le Cameroun a longtemps mis en avant un tourisme de haut de gamme, respectueux de l’environnement au détriment d’équipements de masse.

Dans un entretien avec le Washington Post cette année, le ministre a fixé l’objectif : 500 000 touristes dans les cinq ans, dont 100 000 Camerounais, qui seront encouragés à découvrir les aspects méconnus de leur vaste pays.

Pour réaliser une évolution aussi ambitieuse, il faudra sans doute reprendre à zéro la politique touristique du pays.  » Nous sommes en train de mettre un place un workshop * qui réunira, en mars 2001 à Paris, les professionnels camerounais, les tours-opérateurs français et européens, ainsi qu’Air France et Cameroon Airlines « , explique Robert Tchagba.  » Notre rôle n’est pas commercial « , poursuit le directeur de l’Office :  » Mais si nous parvenons à mettre en relation les acteurs, à présenter la destination et à convaincre la presse spécialisée « , nous aurons rempli notre mission.

Des journalistes seront invités à découvrir le Cameroun dès la fin de la conférence.  » Il y a tant de ressources que les gens ne connaissent pas. Par exemple, les gens ne pensent à la région du Centre que pour y organiser leurs congrès à Yaoundé. Or c’est sans doute l’un des endroits les plus appropriés au tourisme culturel en Afrique « . Quant à la cible, elle est vaste :  » tous les pays européens grands producteurs de touristes « , conclut le responsable dans un sourire.

* atelier, conférence

Office de Tourisme National Camerounais pour l’Europe, 26, rue de Longchamps 75016 Paris (tél : +33 (0)1.45.05.96.48, fax : +33 (0)1.47.04.49.96)