Le Cameroun garde son cacao

Face à la chute mondiale des cours du cacao, les principaux producteurs africains ont signé un plan de destruction des réserves. Le gouvernement camerounais vient d’annoncer qu’il se retire de ce plan. Décryptage d’un revirement.

Le gouvernement camerounais se retire du plan de destruction de 250 000 tonnes de fèves de cacao. Cet accord signé par les quatre principaux producteurs africains devait permettre de faire remonter les cours qui atteignent des niveaux inquiétants. Cette décision risque d’entraîner une chute encore plus spectaculaire des prix. Mais le gouvernement camerounais a peur pour ses petits exploitants.

Le marché mondial du cacao se détériore notablement depuis plusieurs mois. La baisse des cours est comparée à celle de 1973. Sur le marché de Londres, le prix de la tonne est passé de 11 000 francs en 1998 à 5 770 en novembre 2000. Les professionnels des quatre pays signataires, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria espéraient une remontée des prix. Leurs espoirs viennent de s’évanouir.

Le Cameroun protège ses exploitants

Le secrétaire général du ministère du Développement industriel et commercial, Dieudonné Ambassa Zang a déclaré au quotidien Le Messager qu’il voulait éviter aux planteurs la douleur qu’aurait provoquée la destruction de 8 000 tonnes de cacao. Aujourd’hui, le ministère s’abstient de faire un quelconque commentaire à ce sujet. L’organisation Internationale du cacao (ICCO) vient d’apprendre la nouvelle.  » Nous déplorons la réaction du Cameroun qui favorise à court terme ses intérêts personnels, au détriment du marché mondial « , explique une responsable du ICCO.

Certains soupçonnent le gouvernement de s’être laissé influencer par des industriels qui souhaitaient maintenir les cours au plus bas. Face à cette décision camerounaise, les trois autres pays concernés par ce plan ne savent comment réagir. En outre, la situation politique ivoirienne laisse peu d’espoir de règlement rapide du problème. Sauf miracle, les cours du cacao ne sont pas prêts de remonter.