Le Cameroun gagne des points contre Boko Haram

Après la victoire militaire remportée par l’armée camerounaise contre Boko Haram, la libération des deux prêtres italiens et de la religieuse canadienne ce week-end constitue une nouvelle victoire pour le Cameroun.

Deux prêtres italiens, Giampaolo Marta et Gianantonio Allegri et une religieuse canadienne, Gilberte Bussier, ont été libérés dans la nuit de samedi à dimanche. Ils étaient détenus depuis le 4 avril dernier dans le nord du Cameroun, certainement par la secte islamiste Boko Haram même si ce groupe extrémiste n’a pas revendiqué l’enlèvement. Ils avaient été enlevés dans la paroisse de Tchère à l’extrême-nord du pays. Ils sont arrivés dimanche dans la capitale, Yaoundé, et devaient être reçu lundi par le président de la République du Cameroun, Paul Biya.

Ils ont été accueillis par de nombreux membres du gouvernement ainsi que des personnalités religieuses et diplomatiques à leur arrivée à l’aéroport de Yaoundé dimanche. Etaient présents : le Nonce apostolique au Cameroun et en Guinée Equatoriale, Mgr Pierro Pioppo, le préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples du Vatican, le cardinal Fernando Filoni, l’ambassadeur d’Italie au Cameroun, Stefano Pontesilli. Si les ex-otages n’ont rien dit sur les conditions de leur libération, ils ont déclaré avoir été « bien traitées » par leurs ravisseurs. La religieuse québécoise a même déclaré avoir vécu une expérience enrichissante pour elle.

Les trois otages libérés à leur arrivée à l’aéroport de Yaoundé Euronews:


Cameroun: les 3 ex-otages occidentaux… par euronews-fr

« Des alliances locales importantes »

« Le président de la République du Cameroun remercie du fond du cœur tous ceux qui ont prié pour œuvrer en faveur de cet heureux dénouement » a indiqué le chef de l’Etat camerounais par communiqué, dont l’implication dans cette libération a été saluée par les autorités italiennes et canadiennes.

Le directeur de la publication « L’œil du Sahel », Guitaï Gatama, a déclaré sur RFI que des négociations pourraient avoir été menées avec des Camerounais travaillant pour Boko Haram au nord du pays : « des éléments de Boko Haram ne prennent aucune instruction de la direction et font leurs affaires. La direction de Boko Haram ne pouvait pas revendiquer l’enlèvement puisqu’elle n’avait pas les otages et elle n’avait pas d’emprise sur eux. On assiste à une complexification du problème, mais surtout à des alliances locales qui sont importantes ».

Alors que l’armée camerounaise a déclaré avoir tué une quarantaine d’assaillants de l’organisation islamiste extrémiste, cette libération constitue une nouvelle victoire pour le Cameroun dans sa lutte contre Boko Haram. Près de 10 travailleurs chinois enlevés le 17 mai dernier sont en revanche toujours détenus par la secte.