Le Cameroun face à la guerre en Irak

Le Cameroun fait partie, avec l’Angola et la Guinée, des pays africains membres temporaires du Conseil de sécurité des Nations Unies. Alors que la France et les Etats-Unis tentent d’influencer son vote, le Cameroun semble encore hésiter à se prononcer pour ou contre la guerre en Irak.

Le Cameroun, comme les deux autres pays africains membres temporaires du Conseil de sécurité des Nations Unies, la Guinée et l’Angola, se retrouve sous les feux de l’actualité. Avec la possibilité d’une guerre contre l’Irak qui se profile dans un horizon proche, le vote de ces pays au Conseil de sécurité (qui compte 5 membres permanents et 10 temporaires) revêt une importance particulière. Pour ou contre une intervention militaire sur le sol irakien ? Le Cameroun semble encore hésiter.

 » Le Cameroun ne peut pas apporter son support aux ambitions américaines de dominer le reste du monde. Nous sommes contre la guerre et souhaitons que l’Irak soit désarmée de façon pacifique. Aujourd’hui, l’Irak coopère avec les inspecteurs de l’Onu et détruit ses armes. Il faut donc donner une chance à la paix et plus de temps aux inspecteurs pour faire leur travail « , déclarait mardi un collaborateur du ministre des Affaires étrangères, sous couvert de l’anonymat, à l’agence Reuters.

Intense lobbying

Pour autant, le ministre François-Xavier Ngoubeyou s’en tient, lui, à une position moins tranchée. Il avait déclaré devant le Conseil de sécurité le 5 février :  » Le Cameroun, à la suite d’autres Etats du Conseil de sécurité, ne peut que recommander la poursuite et la mise en oeuvre d’actions vigoureuses, robustes et décisives pour amener les autorités irakiennes à coopérer pleinement avec les équipes d’inspection mais c’est au Conseil que revient la décision finale « .

Le Cameroun fait d’ores et déjà l’objet d’un lobbying diplomatique intense de la part de la France et des Etats-Unis qui tentent, chacun de leur côté, de rallier le pays à leur cause. Si le Cameroun semble plus proche de Paris et s’il s’est prononcé, comme l’ensemble des pays africains lors du sommet France-Afrique (19-21 février) pour une  » alternative à la guerre « , il peut également se tourner vers Washington, devenu depuis quelques années un partenaire économique important.

Indécise également la Guinée, qui a succédé à l’Allemagne à la présidence du Conseil de sécurité samedi dernier. Les pays africains devraient pourtant faire connaître leur position officielle rapidement, en vue de la publication du rapport de l’inspecteur en désarmement de l’Onu, Hans Blix, vendredi 7 mars.