Le Cameroun condamne le coup d’Etat au Mali

Le ministre camerounais de la Communication a annoncé vendredi 23 mars que « l’Etat du Cameroun condamne le coup d’Etat mené par les hommes du Capitaine Amadou Sanogo ». Une position claire qui tranche avec la neutralité et la confusion habituelle affichée par le pouvoir de Yaoundé lors des graves crises touchant le continent africain.

(De notre correspondant)

La diplomatie camerounaise est-elle en train de se réveiller ? 48 heures après le coup de force effectué par les hommes du capitaine Amadou Sanogo au Mali, le gouvernement camerounais, par le truchement du ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary, condamne fermement cette acte. Il dénonce la violation flagrante de la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance signée le 30 janvier 2007 par les chefs d’Etat africains qui stipule que « Les Etats signataires ont convenu de ce que l’utilisation de tout putsch ou coup d’Etat, de toute intervention des mercenaires pour accéder ou se maintenir au pouvoir, constitue des actions passibles de sanctions appropriées de la part de l’Union africaine ». Une charte ratifiée par le Cameroun conformément au décret n°2011/240 du 9 août 2011. Pourtant, le pays de Paul Biya, longtemps absent de la scène internationale, est souvent resté insensible aux nombreuses crises qui ont secoué l’Afrique, prétextant pratiquer une politique de « non ingérence ». D’où vient aujourd’hui cette soudaine condamnation du putsch malien ?

Une condamnation qui fait polémique.

Bien que le coup d’Etat perpétré au Mali soit dénoncé par l’immense majorité de la population camerounaise, la prompte réaction du gouvernement camerounais sur la question suscite de nombreuses interrogations. Jusqu’ici, la position du Cameroun reste floue voire inconnue quant aux nombreuses crises qui ont eu lieu sur le continent africain. Lors de la récente crise Ivoirienne, en l’absence d’une position claire et officielle du gouvernement, la population avait décidé de prendre les devants en manifestant son soutien au Président déchu Laurent Gbagbo. Une initiative alors réprimée par les forces de l’ordre. Quelques mois plus tard, la Lybie de Mouammar Khadafi était attaquée par des forces rebelles, aucune réaction officielle du gouvernement camerounais. L’absence de chef de l’Etat camerounais est également très souvent remarquée lors des différentes assises de l’Union africaine où sont prises les grandes résolutions. Aujourd’hui, la grande inconnue demeure les raisons qui ont poussé l’Etat du Cameroun à abandonner sa très chère politique de non ingérence quand ses propres frontières sont constamment violées.